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Variant anglais Covid-19 : symptômes, durée d’isolement, cas contacts

29 Mar. 2021

SOMMAIRE :

  • Circulation du variant en France : combien de cas en France ?
  • Pourquoi observe-t-on ces mutations ?
  • Variant anglais : quels sont les symptômes ?
  • Mutation Covid-19 : le variant anglais (20I/501Y.V1)
  • Mutation Covid-19 : le variant sud-africain (20H/501Y.V2)
  • Mutation Covid-19 : le variant brésilien (20J/501Y.V3)
  • Quelles mesures sanitaires pour limiter la progression des variants ?

Circulation du variant en France : combien de cas en France ?

Selon le Conseil scientifique (avis du 11 mars 2021), la situation actuelle s’aggrave du fait de l’apparition de variants susceptibles de dégrader l’efficacité du dispositif sanitaire : “le virus historique est remplacé par le variant UK (variant B.1.1.7 dit “britannique”), plus transmissible (50 à 70%) et plus létal (35% à 65%) par rapport aux virus historiques. “Ce variant UK constitue le problème majeur actuellement en métropole.”

En outre, l’efficacité des vaccins est encore mal évaluée vis-à-vis du variant sud-africain ainsi que “pour d’autres variants moins fréquents mais portant des mutations d’échappement immunitaire” (mutation E484K notamment).

La proportion du variant anglais progressant chaque semaine, il est désormais largement majoritaire selon le bulletin épidémiologique de Santé Publique France (25 mars):

  • proportion de suspicions de variant anglais : 76,3% (en hausse)
  • proportion de suspicions des deux autres variants : 4,7% (stable)

De fortes disparités départementales sont toujours constatées. Parmi les 95 départements métropolitains, la proportion du variant anglais est pour l’heure supérieure à 50% dans 94 départements et supérieure à 70% dans 67 d’entre eux. En outre, 9 départements ont toujours une proportion de suspicions de variant sud-africain ou brésilien supérieure à 10%. Cette proportion est particulièrement élevée en Moselle (36,4%), bien qu’en diminution depuis plusieurs semaines, ainsi qu’en en Dordogne (18,5%), Meurthe-et-Moselle (16,7%), dans les Vosges (16,1%) et la Meuse (15,5%). Dans les territoires d’outre-mer où les données sont interprétables, une forte proportion de suspicions de variant sud-africain ou brésilien est observée à La Réunion (40,3%). On note également une forte proportion de suspicions de variant anglais en Guadeloupe (92,8%), et en Martinique (98,5%).

Peu de variations selon l’âge pour la souche anglaise. La semaine du 15 mars, les résultats des tests montrent une proportion de suspicions de variant 20I/501Y.V1 (anglais) ≥ 75% chez les 0-69 ans et entre 66,3% et 72,6% chez les 70 ans et plus. Quant aux proportions de variants sud-africains et brésiliens, elles étaient plus élevées chez les 60-69 ans (5,6%), les 20-29 ans (5,0%) et les 50-59 ans (4,9%). Elle était plus basse chez les personnes âgées de 90 ans et plus (3,6%).

Un cluster de variants bretons (« variant 20C/H655Y »), a été détecté dans un hôpital des Côtes d’Armor avec des cas survenus entre janvier et mars 2021. Selon les informations disponibles à ce jour, tous les cas confirmés ont un lien épidémiologique direct ou indirect avec une commune des Côtes d’Armor. En conclusion, à ce stade, la diffusion du variant breton semble donc “limitée actuellement à ce secteur géographique”, selon Santé Publique France. Lire aussi : ce que l’on sait sur le variant breton

Rappelons que la période d’isolement pour les cas positifs est passée de 7 jours à 10 jours, depuis le 22 février. En effet, “certaines études scientifiques évoquent la possibilité que les variants seraient responsables d’une durée de contagiosité plus longue que le Covid-19 classique”, avait justifié le ministre de la Santé.

Pourquoi observe-t-on ces mutations ?

Muter, c’est l’astuce des virus pour garder une longueur d’avance sur nos défenses immunitaires. Concrètement, lorsque nous produisons des anticorps pour nous défendre contre un virus, celui-ci cherche à se modifier pour échapper à la vigilance de nos anticorps et ainsi pour mieux contre-attaquer. En somme, notre propre système immunitaire pousse malgré lui le Covid-19 à s’adapter et à développer de nouvelles variantes pour survivre.

Concrètement, une fois entré dans une cellule, le virus se reproduit, et parfois il y a des erreurs de copies, donnant lieu à des mutations.

Ces mutations peuvent n’avoir “aucune conséquence”, confirme l’Inserm. D’autres en revanche “peuvent avoir un impact par exemple sur la transmissibilité du virus ou sur la gravité de la maladie.” Si les mutations favorisent la circulation du virus (on dit que ces mutations sont sélectionnées positivement), elles entraînent alors l’implantation du nouveau variant, qui peut en quelques mois seulement devenir le variant dominant. En d’autres termes, si la mutation permet au virus de mieux circuler, elle est favorisée et le variant devient dominant. C’est la sélection naturelle.

Variant anglais : quels sont les symptômes ?

Le variant anglais du coronavirus Sars-Cov-2 n’en finit pas de faire parler de lui. Et pour cause : sa contamination entrainerait des symptômes un peu différents. Selon une enquête publiée ce mercredi 27 janvier par l’Office national des statistiques britanniques, le variant anglais du coronavirus aurait tendance à exacerber les symptômes “traditionnels” du Covid-19.

Ainsi, entre fin novembre 2020 et mi-janvier 2021, les scientifiques britanniques ont comparé les symptômes de 2 groupes de malades du Covid-19 – l’un infecté par la souche d’origine, l’autre par le variant anglais.

Résultat : ils ont noté que 35 % des malades infectés par le variant anglais toussaient contre 28 % des malades infectés par Sars-Cov-2 ; 32 % des infectés par B117 étaient anormalement fatigués contre 29 % des patients atteints par la souche d’origine. Idem pour les maux de gorge (22 % contre 19 %), la fièvre (21 % contre 19 %) et les courbatures (avec, là encore, un écart significatif).

En revanche, la perte du goût (agueusie) et de l’odorat (anosmie) semblaient moins fréquentes avec le variant anglais du coronavirus. “Chez les patients atteints par le variant B117 (anglais), les symptômes classiques et bien connus de l’infection à coronavirus semblent plus souvent présents, à l’exception de l’anosmie et de l’agueusie”, concluent les chercheurs. En revanche, aucune différence au niveau des symptômes gastro-intestinaux n’a été reportée.

Que l’on se rassure : s’il est probablement plus symptomatique, le Covid-19 provoqué par l’infection au variant anglais n’est pas nécessairement plus sévère.

Mutation Covid-19 : le variant anglais (20I/501Y.V1)

Dans le monde, au 23 mars 2021, le variant 20I/501Y.V1 a été rapporté dans 125 pays par l’OMS.

Ce qui inquiète les autorités sanitaires, c’est que ce variant, détecté dès septembre au Royaume-Uni (signalé à l’OMS le 14 décembre), est 36 à 75% plus contagieux selon l’European Centre for Disease Control (ECDC). De plus, selon une étude anglaise publiée fin décembre 2020 son taux de réinfection (comprendre : le risque de l’attraper à nouveau après une première infection) serait de 0,7 % contre 0,11 % avec la forme “classique”… Qui dit plus de cas, dit plus d’hospitalisations. La crainte est donc une saturation des capacités hospitalières, comme celle qui a été observée en Angleterre en janvier.

Les pays les plus touchés n’ont pu arrêter le variant anglais qu’avec un confinement strict”, souligne le Conseil scientifique dans une note du 29 janvier : Royaume-Uni (confinement strict national le 4 janvier), Irlande (confinement strict national le 30 décembre), et Portugal (confinement strict national débuté le 15 janvier et complété par la fermeture des écoles le 21 janvier).

Le variant anglais est-il plus dangereux ? Jusqu’à présent, les scientifiques étaient plutôt rassurants. Mais ce 10 mars, une étude anglaise publiée dans le British Medical Journal a confirmé les craintes d’une dangerosité accrue du variant anglais, qui serait 60% plus contagieux et causerait plus de formes sévères, donc plus de décès. Cette létalité supérieure étant estimée par cette étude anglaise à environ 60%. Selon Santé Publique France (bulletin du 17 mars), le variant anglais est “possiblement” associé à “une forme plus sévère de la maladie et une mortalité plus élevée.”

En revanche, bonne nouvelle, le variant anglais ne semble pas associé à une réduction de l’efficacité des vaccins Pfizer-BioNTech, Oxford/AstraZeneca, Moderna, Novavax et Bharat.

Mutation Covid-19 : le variant sud-africain (20H/501Y.V2)

Dans le monde, au 23 mars 2021, le variant 20H/501Y.V2 a été rapporté dans 75 pays selon l’OMS (soit 11 de plus que la semaine précédente).

En France, comme dans les autres pays européens, le variant sud-africain est resté jusqu’ici très minoritaire.

Des études préliminaires suggèrent que ce variant est associé à une transmissibilité plus élevée de 50% et un risque plus élevé d’échappement immunitaire et de réinfection. Certaines recherches indiquent un risque accru de décès à l’hôpital, indique Santé Publique France, avant de souligner que “le vaccin Oxford/AstraZeneca aurait une efficacité réduite sur ce variant”.

Pour résumer, le variant sud-africain serait donc moins sensible aux vaccins, aux anticorps de sujets déjà infectés, aux anticorps monoclonaux. En effet, de très nombreuses 2ème infection par le variant ont été observées en Afrique du Sud au cours de ces derniers mois chez des patients ayant déjà fait un Covid. “Cette moindre sensibilité est en soi un problème, de plus elle pourrait favoriser l’apparition de mutants résistants à l’intérieur de la population virale SA“, souligne le Conseil scientifique (avis du 12 février).

Mutation Covid-19 : le variant brésilien (20J/501Y.V3)

Dans le monde, au 23 mars 2021, le variant 20J/501Y.V3 a été rapporté dans 41 pays selon l’OMS.

En France, les données de séquençage montrent que la présence du variant 20J/501Y.V3 (brésilien) reste très minoritaire à l’heure actuelle.

Ce variant aurait émergé courant décembre 2020 à Manaus (Brésil). Des recherches préliminaires menées à Manaus (Brésil), où le variant 20J/501Y.V3 a émergé, montrent une transmissibilité plus importante par rapport aux souches autres que variantes. De plus, ce variant aurait la capacité d’échapper à la réponse immunitaire induite par un premier contact avec des souches d’origine, et donc pourrait accroître le risque de réinfection. Autrement dit, nos anticorps ne seraient pas suffisamment efficaces.

“Plusieurs études montrent une transmissibilité plus importante par rapport aux souches autres que variantes. De plus, ce variant aurait la capacité d’échapper à la réponse immunitaire induite par un premier contact avec des souches d’origine, et pourrait par conséquent accroître le risque de réinfection. L’impact de la vaccination sur ce variant est en cours d’étude”, analyse Santé Publique France dans son bulletin du 25 mars.

Conséquence aussi : ce variant serait moins sensible au vaccin. Certains travaux conduits en laboratoire suggèrent en effet que l’efficacité de la vaccination pourrait être atténuée pour ce variant, tandis qu’une récente communication scientifique publiée dans le New England Journal of Medicine montre que le vaccin Pfizer/BioNTech aurait un effet neutralisant.

Quelles mesures sanitaires pour limiter la progression des variants ?

Plusieurs mesures sont mises en place pour renforcer le tracing des formes mutées du SARS-CoV-2 :

  • Tout test antigénique ou PCR positif doit désormais “obligatoirement” faire l’objet d’une RT-PCR de criblage de seconde intention, dans un délai de 36 heures au maximum, afin de déterminer s’il s’agit d’une contamination par un variant.
  • Tout test positif donne lieu à un isolement de 10 jours, sans attendre de savoir s’il s’agit d’un variant (pour les cas contact, la période d’isolement est maintenue à 7 jours). Pendant cette période, des visites d’infirmiers libéraux sont proposées à leur domicile.
  • Les opérations de tracing et d’isolement sont déclenchées dès réception du résultat du test de première intention, sans attendre les résultats de la RT-PCR de criblage. La priorité demeure l’isolement sans délai des cas et l’alerte rapide des cas contacts.
  • Si le patient est porteur d’une forme variante, il est demandé à l’ensemble des cas contacts à risque identifiés de prévenir eux-mêmes les personnes avec qui elles ont été en contact à risque afin que ces dernières puissent renforcer l’application des mesures barrières, notamment le port du masque en présence d’autres personnes ; télétravailler dès lors que cela est possible ; réduire volontairement leurs contacts sociaux durant les 7 jours suivants ; réaliser un test sans délai dès les premiers symptômes.
  • Un test de sortie d’isolement doit être systématiquement réalisé pour les personnes porteuses des formes mutées. En cas de test positif, l’isolement est alors renouvelé 7 jours de plus.

Le dispositif permettant d’obtenir un arrêt de travail immédiat sans jour de carence en contactant l’Assurance-maladie, pour les personnes positives, cas contact ou symptomatique est prolongé jusqu’au 1er juin.

Par ailleurs, le protocole est renforcé à l’école. Désormais, une classe est automatiquement fermée si un enfant est contaminé par le Covid ( quel que soit le variant). Les élèves et les professeurs de la classe doivent alors tous être testés.

Les gestes barrières sont plus que jamais indispensables : le port strict du masque, une aération suffisante et la désinfection des mains, sont indispensables pour réduire la transmission des variants. “La distance physique reste pertinente en complément des autres mais, seule, s’avère inefficace dans les lieux clos mal ventilés, du fait de la transmission du virus par aérosols”, souligne le Conseil scientifique dans son avis du 11 mars. “En tout état de cause et tant que le niveau d’immunité collective n’est pas atteint notamment grâce à la vaccination, les mesures barrières en vigueur doivent être maintenues et même renforcées en raison de la haute contagiosité des variants et ce même en cas de Covid avéré antérieurement ou de vaccination complétée. En effet des variants pouvant échapper à l’immunité naturelle ou post-vaccinale pourraient déjà être en circulation sans avoir encore été détectés.”

EN VIDEO : Reportage dans un laboratoire et explication du Dr Caroline Gutsmuth, médecin biologiste

Sources :

  • Ministère de la Santé 
  • Inserm, Un variant du SARS-CoV-2 inquiétant, vraiment ? (janvier 2021)
  • Santé Publique France, bulletin épidémiologique hebdomadaire
  • Conseil scientifique, avis 12 février et note d’éclairage 29 janvier

À lire aussi :

  • La (nouvelle) forme du coronavirus est encore plus contagieuse
  • Covid-19 : on est surtout contagieux les 5 premiers jours
  • Campagne de vaccination : les réponses à vos questions

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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