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Variant anglais Covid-19 : quels symptômes ? est-il plus dangereux ?

22 Mar. 2021

SOMMAIRE :

  • Circulation du variant en France : combien de cas en France ?
  • Pourquoi observe-t-on ces mutations ?
  • Variant anglais : quels sont les symptômes ?
  • Mutation Covid-19 : le variant anglais (20I/501Y.V1)
  • Mutation Covid-19 : le variant sud-africain (20H/501Y.V2)
  • Mutation Covid-19 : le variant brésilien (20J/501Y.V3)
  • Quelles mesures sanitaires pour limiter la progression des variants ?
  • Variants : que sait-on de la nouvelle mutation E484K ?

Circulation du variant en France : combien de cas en France ?

“Déjà à un niveau intense, la circulation virale continue de croitre et accentue les tensions hospitalières qui sont critiques dans certaines région, informe le nouveau bulletin résume Santé Publique France dans son bulletin hebdomadaire du 18 mars. Il précise que l’on observe “une légère hausse de la proportion d’hospitalisations et d’admission en services de soins critiques chez les jeunes adultes, reflétant l’augmentation des infections à SARS-COV-2 et “une possible augmentation de la sévérité des cas liée à la circulation majoritaire des variants d’intérêt.” En revanche, toujours selon Santé Publique France, cette augmentation est “sans impact visible à ce stade sur la mortalité.”

Selon le Conseil scientifique, la situation actuelle s’aggrave du fait de l’apparition de variants susceptibles de dégrader l’efficacité du dispositif sanitaire : “le virus historique est remplacé par le variant UK (variant B.1.1.7 dit “britannique”), plus transmissible et plus létal. “Ce variant UK constitue le problème majeur actuellement en métropole.”

La proportion du variant anglais progressant chaque semaine, il est désormais largement majoritaire :

  • proportion de suspicions de variant anglais : 72%
  • proportion de suspicions des deux autres variants : 5%

De fortes disparités départementales sont toujours constatées. Parmi les 95 départements métropolitains présentant des données interprétables, tous affichaient une proportion de suspicions de variant anglais supérieure à 30%, dont 91 avec une proportion supérieure à 50%. En outre, 9 départements avaient une proportion de suspicions de variant sud-africain ou brésilien supérieure à 10%. Cette proportion était particulièrement élevée en Moselle (38,3%), en Meuse (17,4%) et en Meurthe-et-Moselle (16,9%). Dans les territoires d’outre-mer où les données sont interprétables, une forte proportion de suspicions de variant sud-africain ou brésilien était observée à La Réunion (41,9%) et en Guyane (34,7%). On note également une forte proportion de suspicions de variant anglais en Guadeloupe (74,6%), et en Martinique (67%).

Mais aussi selon l’âge. Il est intéressant de noter que la plus forte proportion de suspicions de variant anglais était observée chez les 40-49 ans (73,9%) et les 10-19 ans (73,8%). Cette proportion diminuait en fonction de l’âge pour atteindre 60% chez les 90 ans et plus.

Rappelons que la période d’isolement pour les cas positifs est passée de 7 jours à 10 jours, depuis le 22 février. En effet, “certaines études scientifiques évoquent la possibilité que les variants seraient responsables d’une durée de contagiosité plus longue que le Covid-19 classique”, avait justifié le ministre de la Santé.

Lire aussi : ce que l’on sait sur le variant breton

Pourquoi observe-t-on ces mutations ?

Muter, c’est l’astuce des virus pour garder une longueur d’avance sur nos défenses immunitaires. Concrètement, lorsque nous produisons des anticorps pour nous défendre contre un virus, celui-ci cherche à se modifier pour échapper à la vigilance de nos anticorps et ainsi pour mieux contre-attaquer. En somme, notre propre système immunitaire pousse malgré lui le Covid-19 à s’adapter et à développer de nouvelles variantes pour survivre.

Concrètement, une fois entré dans une cellule, le virus se reproduit, et parfois il y a des erreurs de copies, donnant lieu à des mutations.

Ces mutations peuvent n’avoir “aucune conséquence”, confirme l’Inserm. D’autres en revanche “peuvent avoir un impact par exemple sur la transmissibilité du virus ou sur la gravité de la maladie.” Si les mutations favorisent la circulation du virus (on dit que ces mutations sont sélectionnées positivement), elles entraînent alors l’implantation du nouveau variant, qui peut en quelques mois seulement devenir le variant dominant. En d’autres termes, si la mutation permet au virus de mieux circuler, elle est favorisée et le variant devient dominant. C’est la sélection naturelle.

Variant anglais : quels sont les symptômes ?

Le variant anglais du coronavirus Sars-Cov-2 n’en finit pas de faire parler de lui. Et pour cause : sa contamination entrainerait des symptômes un peu différents. Selon une enquête publiée ce mercredi 27 janvier par l’Office national des statistiques britanniques, le variant anglais du coronavirus aurait tendance à exacerber les symptômes “traditionnels” du Covid-19.

Ainsi, entre fin novembre 2020 et mi-janvier 2021, les scientifiques britanniques ont comparé les symptômes de 2 groupes de malades du Covid-19 – l’un infecté par la souche d’origine, l’autre par le variant anglais.

Résultat : ils ont noté que 35 % des malades infectés par le variant anglais toussaient contre 28 % des malades infectés par Sars-Cov-2 ; 32 % des infectés par B117 étaient anormalement fatigués contre 29 % des patients atteints par la souche d’origine. Idem pour les maux de gorge (22 % contre 19 %), la fièvre (21 % contre 19 %) et les courbatures (avec, là encore, un écart significatif).

En revanche, la perte du goût (agueusie) et de l’odorat (anosmie) semblaient moins fréquentes avec le variant anglais du coronavirus. “Chez les patients atteints par le variant B117 (anglais), les symptômes classiques et bien connus de l’infection à coronavirus semblent plus souvent présents, à l’exception de l’anosmie et de l’agueusie”, concluent les chercheurs. En revanche, aucune différence au niveau des symptômes gastro-intestinaux n’a été reportée.

Que l’on se rassure : s’il est probablement plus symptomatique, le Covid-19 provoqué par l’infection au variant anglais n’est pas nécessairement plus sévère.

Mutation Covid-19 : le variant anglais (20I/501Y.V1)

Dans le monde, au 18 mars 2021, le variant 20I/501Y.V1 a été rapporté dans 118 pays par l’OMS.

Ce qui inquiète les autorités sanitaires, c’est que ce variant, détecté dès septembre au Royaume-Uni (signalé à l’OMS le 14 décembre), est 36 à 75% plus contagieux selon l’European Centre for Disease Control (ECDC). De plus, selon une étude anglaise publiée fin décembre 2020 son taux de réinfection (comprendre : le risque de l’attraper à nouveau après une première infection) serait de 0,7 % contre 0,11 % avec la forme “classique”… Qui dit plus de cas, dit plus d’hospitalisations. La crainte est donc une saturation des capacités hospitalières, comme celle qui a été observée en Angleterre en janvier.

Les pays les plus touchés n’ont pu arrêter le variant anglais qu’avec un confinement strict”, souligne le Conseil scientifique dans une note du 29 janvier : Royaume-Uni (confinement strict national le 4 janvier), Irlande (confinement strict national le 30 décembre), et Portugal (confinement strict national débuté le 15 janvier et complété par la fermeture des écoles le 21 janvier).

Le variant anglais est-il plus dangereux ? Jusqu’à présent, les scientifiques étaient plutôt rassurants. Mais ce 10 mars, une étude anglaise publiée dans le British Medical Journal a confirmé les craintes d’une dangerosité accrue du variant anglais, qui serait 60% plus contagieux et causerait plus de formes sévères, donc plus de décès. Cette létalité supérieure étant estimée par cette étude anglaise à environ 60%. Selon Santé Publique France (bulletin du 17 mars), le variant anglais est “possiblement” associé à “une forme plus sévère de la maladie et une mortalité plus élevée.”

En revanche, bonne nouvelle, le variant anglais ne semble pas associé à une réduction de l’efficacité des vaccins Pfizer-BioNTech, Oxford/AstraZeneca ou Moderna. “Les sérums post-vaccinaux avec les vaccins Pfizer et Moderna n’ont subi aucun changement significatif par rapport à la variante”, souligne l’OMS.

Mutation Covid-19 : le variant sud-africain (20H/501Y.V2)

Dans le monde, au 18 mars 2021, le variant 20H/501Y.V2 a été rapporté dans 64 pays selon l’OMS (soit 6 de plus que la semaine précédente).

En France, comme dans les autres pays européens, le variant sud-africain est resté jusqu’ici très minoritaire. La situation est évidemment très différente à Mayotte où ce variant est devenu majoritaire.

Plusieurs inconnues demeurent. Le variant “sud-africain” dénommé 501Y.V2 du fait d’une mutation N501Y sur la protéine S a émergé en novembre en Afrique du Sud (signalé à l’OMS le 18 décembre). Bien que cette mutation H501Y est aussi retrouvée sur le variant anglais, il s’agit de virus différents : “le virus 501Y.V2 possède une mutation additionnelle sur la protéine S (E484K) qui pourrait entrainer un échappement à la réponse immunitaire naturelle ou post-vaccinale”, souligne le Conseil scientifique dans son dernier avis, remis au gouvernement le 12 janvier.

Ce que confirme Santé Publique France (16 mars) : “Des études préliminaires suggèrent que ce variant est associé à un risque plus élevé d’échappement immunitaire et de réinfection.” Une étude récente ayant analysé le plasma de 20 patients convalescents et de 22 patients vaccinés (12 par le vaccin Moderna, 10 par le vaccin Pfizer/BioNTech) a montré que la réponse immunitaire face au virus sud-africain était 9 à 12 fois moins importante qu’elle ne l’est avec la souche d’origine.

Pour résumer, le variant sud-africain serait donc moins sensible aux vaccins, aux anticorps de sujets déjà infectés, aux anticorps monoclonaux. En effet, de très nombreuses 2ème infection par le variant ont été observées en Afrique du Sud au cours de ces derniers mois chez des patients ayant déjà fait un Covid. “Cette moindre sensibilité est en soi un problème, de plus elle pourrait favoriser l’apparition de mutants résistants à l’intérieur de la population virale SA“, souligne le Conseil scientifique (avis du 12 février).

Mutation Covid-19 : le variant brésilien (20J/501Y.V3)

Dans le monde, au 18 mars 2021, le variant 20J/501Y.V3 a été rapporté dans 38 pays selon l’OMS.

En France, les données de séquençage montrent que la présence du variant 20J/501Y.V3 (brésilien) reste très minoritaire à l’heure actuelle.

Ce variant aurait émergé courant décembre 2020 à Manaus (Brésil). Des recherches préliminaires menées à Manaus (Brésil), où le variant 20J/501Y.V3 a émergé, montrent une transmissibilité plus importante par rapport aux souches autres que variantes. De plus, ce variant aurait la capacité d’échapper à la réponse immunitaire induite par un premier contact avec des souches d’origine, et donc pourrait accroître le risque de réinfection. Autrement dit, nos anticorps ne seraient pas suffisamment efficaces.

“Plusieurs études montrent une transmissibilité plus importante par rapport aux souches autres que variantes. De plus, ce variant aurait la capacité d’échapper à la réponse immunitaire induite par un premier contact avec des souches d’origine, et pourrait par conséquent accroître le risque de réinfection. L’impact de la vaccination sur ce variant est en cours d’étude”, analyse Santé Publique France dans son bulletin du 16 mars.

Conséquence aussi : ce variant serait moins sensible au vaccin. Certains travaux conduits en laboratoire suggèrent en effet que l’efficacité de la vaccination pourrait être atténuée pour ce variant, tandis qu’une récente communication scientifique publiée dans le New England Journal of Medicine montre que le vaccin Pfizer/BioNTech aurait un effet neutralisant.

Quelles mesures sanitaires pour limiter la progression des variants ?

Plusieurs mesures sont mises en place pour renforcer le tracing des formes mutées du SARS-CoV-2 :

  • Tout test antigénique ou PCR positif doit désormais “obligatoirement” faire l’objet d’une RT-PCR de criblage de seconde intention, dans un délai de 36 heures au maximum, afin de déterminer s’il s’agit d’une contamination par un variant.
  • Tout test positif donne lieu à un isolement de 10 jours, sans attendre de savoir s’il s’agit d’un variant (pour les cas contact, la période d’isolement est maintenue à 7 jours).
  • Les opérations de tracing et d’isolement sont déclenchées dès réception du résultat du test de première intention, sans attendre les résultats de la RT-PCR de criblage. La priorité demeure l’isolement sans délai des cas et l’alerte rapide des cas contacts.
  • Si le patient est porteur d’une forme variante, il est demandé à l’ensemble des contacts à risque identifiés de prévenir eux-mêmes les personnes avec qui elles ont été en contact à risque afin que ces dernières puissent renforcer l’application des mesures barrières, notamment le port du masque en présence d’autres personnes ; télétravailler dès lors que cela est possible ; réduire volontairement leurs contacts sociaux durant les 7 jours suivants ; réaliser un test sans délai dès les premiers symptômes.
  • Les personnes contacts à risque et les personnes suspectées ou confirmés d’avoir fait l’objet d’une contamination par une variante doivent faire l’objet d’un suivi renforcé : les visites à domicile par des infirmiers sont systématiquement proposées ; les personnes concernées dont la situation personnelle laisse présager un fort risque de propagation doivent se voir systématiquement proposer une offre spécifique d’hébergement.

En cas de contamination du patient par un variant sud-africain ou brésilien :

  • Le patient est isolé 10 jours. Pendant cette période, des visites d’infirmiers libéraux sont proposées à leur domicile.
  • Les cas contacts à risque, doivent être testés immédiatement. Si le résultat est positif, le test de criblage par une RT-PCR de seconde intention est réalisé immédiatement. En cas de test négatif, il faut respecter un isolement de 7 jours depuis le dernier contact à risque puis réaliser un test PCR à l’issue de ces 7 jours.
  • Un test de sortie d’isolement doit être systématiquement réalisé pour les personnes porteuses des formes mutées. En cas de test positif, l’isolement est alors renouvelé 7 jours de plus.

Le dispositif permettant d’obtenir un arrêt de travail immédiat sans jour de carence en contactant l’Assurance-maladie, pour les personnes positives, cas contact ou symptomatique est prolongé jusqu’au 1er juin.

Par ailleurs, le protocole est renforcé à l’école. Désormais, une classe est automatiquement fermée si un enfant est contaminé par le variant sud-africain ou le brésilien. Les élèves et les professeurs de la classe doivent alors tous être testés.

Variants : que sait-on de la nouvelle mutation E484K ?

Alors que trois variants sont aujourd’hui scrutés par les autorités sanitaires, l’agence anglaise de santé publique, Public Health England (PHE), a révélé lundi 1er février avoir observé la mutation E484K sur le variant anglais du coronavirus, le rendant potentiellement plus résistant aux vaccins. Le PHE s’appuie sur une étude préliminaire de l’université de Cambridge. Cette mutation signifie que l’acide aminé “E” qui correspond à l’emplacement “484” du gène, a muté en acide aminé “K”. Elle est par ailleurs aussi présente sur les variants sud-africain et brésilien.

Que sait-on de la mutation E484K ? “C’est une mutation qui concerne la protéine Spike à la surface du virus, qui s’attache aux cellules humaines”, a expliqué à franceinfo le docteur Paul Loubet, infectiologue au CHU de Nîmes. Il confirme que ces mutations sont habituelles et liées à des “phénomènes d’adaptation”.

Selon le virologue Julian Tang de l’université de Leicester (Royaume-Uni), cette détection de la mutation E484K sur le variant anglais du virus peut aussi être “due à une recombinaison avec l’un des variants sud-africain ou brésilien, qui peuvent avoir co-infecté la même cellule”, “comme nous le voyons avec différents virus de la grippe”. Toutefois, ce scénario “est plus rare avec les coronavirus”, explique le chercheur à Science Media Centre. “Il est donc plus probable que cela soit dû à des sélections et évolutions naturelles parallèles et convergentes au sein de la population humaine, au fur et à mesure que le virus s’adapte à ce nouvel hôte”.

La question cruciale est de savoir si oui ou non cette mutation remet en cause l’efficacité des vaccins actuellement utilisés ? Visiblement, la mutation présente sur la protéine Spike, empêcherait à nos anticorps de s’y fixer pour neutraliser le virus et pour l’empêcher d’entrer dans nos cellules. Les chercheurs de l’université de Cambridge ont en effet observé que des niveaux plus élevés d’anticorps étaient nécessaires pour neutraliser le virus. Mais cela ne permet pas de conclure que les vaccins sont moins efficaces. Il est trop tôt pour répondre à cette question.

EN VIDEO : Reportage dans un laboratoire et explication du Dr Caroline Gutsmuth, médecin biologiste

Sources :

  • Ministère de la Santé 
  • Inserm, Un variant du SARS-CoV-2 inquiétant, vraiment ? (janvier 2021)
  • Santé Publique France, bulletin épidémiologique hebdomadaire
  • Conseil scientifique, avis 12 février et note d’éclairage 29 janvier

À lire aussi :

  • La (nouvelle) forme du coronavirus est encore plus contagieuse
  • Covid-19 : on est surtout contagieux les 5 premiers jours
  • Campagne de vaccination : les réponses à vos questions

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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