qop

Vaccination Covid-19 : calendrier, vos questions

11 Jan. 2021

Après le feu vert de l’Agence des médicaments européenne et de la Commission Européenne, la France a donné le top départ de la campagne de vaccination anti-covid le dimanche 27 décembre. Mais depuis que la campagne de vaccination a été lancée, les professionnels de santé s’interrogent sur la lenteur de la campagne de vaccination. Un démarrage très lent justifié notamment par la nécessité de réserver un temps suffisant pour le recueil du consentement dans les Ehpad.

Résultat, la France accuse toujours un fort retard par rapport à ses voisins européens.

Jeudi 7 janvier, lors d’un point presse du gouvernement, Jean Castex a justifié : “Oui c’est vrai notre campagne de vaccination à démarré plus lentement”, selon les recommandations de la HAS, avec l’objectif de “vacciner en priorité les 15 millions de personnes âgées et souffrant de pathologies chroniques. Car ces vaccins permettent de prévenir les formes graves de la maladie.Toutefois, a-t-il concédé, “nous devons gagner du temps”. Aussi, le gouvernement, qui a précisé que 45 000 personnes ont été vaccinées au cours des cinq derniers jours et que la France a précommandé plus de 200 millions de doses de vaccin qui seront livrés tout au long de l’année 2021, a annoncé une série de mesures :

  • La vaccination va être ouverture aux personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisées. 
  • La vaccination des plus de 75 ans non résidents d’Ehpad qui devait démarrer mi-février, est avancée au lundi 18 janvier. Une inscription sera possible dès le 14 janvier, soit par téléphone, soit sur le site sante.fr
  • Le lancement de vaccinodromes : Il y en a déjà un par département, soit 100 sur le territoire, selon Jean Castex, qui a annoncé qu’ “à partir de lundi, il y en aura 300 puis 600 progressivement, jusqu’à la fin du mois de janvier”. L’objectif est d’ouvrir 6 centres par département d’ici à la fin du mois, avec un centre disponible pour100 000 habitants.
  • La possible de différer la deuxième injection du vaccin Pfizer, le rappel du vaccin, jusqu’à six semaines au lieu de trois pour disposer de davantage de doses tout de suite. “Il est possible sans risque et sans perte d’efficacité de différer la deuxième injection du vaccin Pfizer-BioNTech jusqu’à six semaines au lieu de trois”, a assuré le ministre de la Santé, Olivier Véran
  • Une procédure simplifiée pour les plus de 75 ans non résidents d’Ehpad : Olivier Véran a confirmé, qu’il ne sera pas obligatoire d’aller consulter son médecin au préalable, ni de recueillir de consentement par écrit. Un questionnaire devra néanmoins être rempli une fois sur place pour s’assurer de l’absence de contre-indications (avez-vous eu le covid, avez-vous été vacciné contre la grippe au cours des 3 dernières semaines, avez-vous des symptômes, êtes vous allergique…). Une fois le questionnaire validé vous pourrez être directement vacciné. 

Quel est le calendrier de vaccination ?

Le plan de vaccination définit pas la HAS doit se faire en 3 étapes en priorisant en premier les personnes vulnérables et les plus exposées au virus (les plus âgées, les plus fragiles en raison d’une pathologie, les soignants), soit au total 16 millions de Français. Il s’agit de répondre à un double objectif : réduire les hospitalisations et les décès, tout en préservant les activités essentielles du pays, particulièrement celles du système de santé.

  • La première étape concernera dans un premier temps 1 million de Français (les personnes très âgées dans les Ehpad et hôpitaux, ainsi que les soignants fragiles qui s’en occupent) et s’échelonnera sur une période de six à huit semaines, pour tenir compte du délai de 21 jours entre la première vaccination et le rappel. Vont s’ajouter plus tôt que prévu, les plus de 75 ans non résidents des Ehpad dès le 18 janvier. 
  • Suivra une deuxième étape, qui concernera -selon les recommandations de la Haute autorité de santé- les personnes à risque en raison d’une pathologie et les plus de 65 ans, soit 14 millions de Français.
  • Puis la troisième étape, se déroulera au début de l’été, afin d’ouvrir la vaccination à l’ensemble de la population, soit 50 millions de personnes. Là encore des priorités seront établies : les personnes âgées de 50 à 64 ans en premier.

Liste des pathologies à risque : obésité (IMC >30) en particulier chez les plus jeunes, BPCO et insuffisance respiratoire, hypertension artérielle compliquée, insuffisance cardiaque, diabète de types 1 et 2, insuffisance rénale chronique, cancers récents de moins de trois ans, transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques et trisomie 21.

Peut-on espacer le délai entre les deux doses de vaccin ?

Le vaccin Pfizer s’administre en théorie selon un schéma vaccinal en 2 doses, espacées de 3 semaines, soit 21 jours.

Afin de vacciner un plus grand nombre de personnes, Olivier Véran a annoncé le 7 janvier que la deuxième injection du vaccin Pfizer pouvait être différée à 6 semaines au lieu de 3. Une stratégie choisie par plusieurs autres pays, dont le Royaume-Uni. “Chaque fois que nous vaccinons quelqu’un une deuxième fois, nous ne vaccinons pas une autre personne pour la première fois”, avait expliqué Jonathan Van-Tam, le médecin chef adjoint pour l’Angleterre à l’hebdomadaire Mail on Sunday. L’OMS recommande “l’administration de deux doses de ce vaccin dans un délai de 21 à 28 jours” tout en précisant qu’il est possible de retarder l’administration de la deuxième injection de quelques semaines “dans des circonstances exceptionnelles de contextes épidémiologiques et de contraintes d’approvisionnement”. Cela peut permettre “de maximiser le nombre de personnes bénéficiant d’une première dose”.

De son côté, la firme allemande BioNTech reste prudente et rappelle que “l’efficacité et la sécurité du vaccin n’ont pas été évaluées pour d’autres calendriers de dosage” que les deux injections espacées de 21 jours et que “même si des données démontrent qu’il existe une protection partielle dès 12 jours après la première dose, il n’y a pas de données qui démontrent que la protection reste en place au-delà de 21 jours.”

En France, le gouvernement s’appuie sur l’avis de l’Agence du médicament, qui stipule : “le délai d’administration de la 2nde dose peut être envisagé entre 21 et 42 jours au vu des circonstances actuelles spécifiques, afin d’élargir la couverture vaccinale des personnes prioritaires.”

La HAS approuve également. “Comme toujours en vaccinologie il ne faut pas avancer les doses, en revanche il n’y a pratiquement jamais de problème à retarder les doses car une immunité s’exprime à 10-15 jours, la deuxième dose ne fait que la relancer et la prolonger. On peut aller très certainement jusqu’à 42 jours”, a expliqué Elisabeth Bouvet (HAS) le 8 janvier, lors d’un point presse.

Faut-il se faire vacciner si on a déjà été contaminé ?

La durée de l’immunité à long terme conférée par le Covid-19 n’est actuellement pas connue et le nombre de cas publiés de réinfection dument documentés reste faible (une dizaine environ selon la HAS). Se pose toutefois une question : les personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 doivent-elles se faire vacciner ?

La Haute autorité de Santé (HAS) ne recommande pas la vaccination systématique pour les personnes déjà contaminées par le Covid-19. Toutefois, “ces personnes doivent pouvoir être vaccinées si elles le souhaitent à l’issue d’une décision partagée avec le médecin. Dans ce cas, il parait alors préférable de respecter un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes.”

Quelle est la durée de l’immunité conférée par le vaccin ?

Il est trop tôt pour le dire. Pour l’heure on dispose d’un recul de quelques mois chez les personnes vaccinées au sein de l’essai clinique. “Ces personnes vont continuer à être suivies, de même que les personnes vaccinées en vie réelle, ainsi on disposera dans les deux ou trois mois prochains de données plus précises, explique Elisabeth Bouvier (HAS). Il n’est pas exclu de devoir renouveler la vaccination mais il est trop tôt pour le dire.”

Faut-il faire un test PCR avant de se faire vacciner ?

Non, il n’est pas nécessaire de faire un test PCR avant de se faire vacciner. En cas de symptômes qui apparaîtraient avant la vaccination, il faut en revanche faire un test et s’isoler et attendre le résultat. Si on est effectivement positif, alors il n’y a pas d’indication à être vacciné.

Que se passe-t-il si on est contaminé entre deux injections ?

Le vaccin Pfizer, commercialisé sous le nom de COMIRNATY® est constitué de deux injections séparées de trois semaines (rallongé à six semaines). Pour le vaccin Moderna, le délai est plus long (quatre semaines). En cas de contamination entre les deux injections, il faut savoir que cela n’a pas de conséquences pour la santé de la personne vaccinée. C’est même l’inverse : la personne ayant déjà acquis une immunité, elle devrait faire une forme plus légère. La deuxième injection n’est alors pas nécessaire.

Le vaccin protège-t-il de la contamination par le Covid-19 ?

Les publications des résultats des essais cliniques des vaccins Pfizer et Moderna font état d’une efficacité de respectivement 95% et 94%. Concrètement, ces vaccins sont efficaces pour protéger les personnes vulnérables, qui risquent de faire des formes sévères, voire d’en mourir. Ils réduisent la sévérité des symptômes. Mais pour l’heure, on ne dispose pas de données pour savoir si les vaccins sont efficaces pour limiter la transmission du virus, donc en préventif. La stratégie est donc basée sur le bénéfice individuel, et non sur le bénéfice collectif. “Pour les personnes qui n’ont pas de risque individuel, l’efficacité des vaccins sur la contagiosité n’est pas connue à ce stade”, souligne Pr Elisabeth Bouvet (HAS).

La mutation du virus rend-elle la vaccination moins efficace ?

Le nouveau variant du virus identifié au Royaume-Uni compte plusieurs mutations, dont huit qui concernent la protéine “Spike”, c’est-à-dire la partie située à la surface du SARS-CoV-2, celle qui lui permet de s’accrocher à nos cellules pour y pénétrer. En somme, la mutation touche la clé qui permet au virus de nous infecter. C’est aussi, cette partie qui est justement ciblée par nos anticorps (pour empêcher le virus d’entrer dans les cellules) et par le vaccin.

Toutefois, il semble à ce jour, que ces mutations ne touchent pas l’ensemble de la clé, donc que cette dernière reste efficace. Et par ailleurs, les spécialistes s’accordent à dire que si la mutation était plus importante, on pourrait facilement adapter le vaccin pour le rendre efficace.

“Il est très probable que le vaccin conserve une efficacité contre cette nouvelle variante. Il faudrait qu’il y ait vraiment beaucoup de mutations pour que le vaccin perde son effet. Pour le moment, nous ne sommes pas très inquiets”, estime Marco Cavaleri, responsable des menaces biologiques sanitaires et de la stratégie vaccinale à l’EMA.

Les femmes enceintes sont-elles prioritaires ?

La HAS n’a pas inclus les femmes enceintes dans les populations à vacciner en priorité dans ses recommandations en raison de l’absence de données sur cette population – exclue des essais cliniques. De plus les recommandations nationales étrangères (notamment anglaises) identifiées à ce stade ne recommandent pas la vaccination pendant la grossesse.

Faut-il continuer à porter un masque une fois vacciné ?

La vaccination n’est pas un gage de non-contagiosité, le vaccin (Pfizer ou Moderna) empêche les formes graves mais n’empêche pas d’être porteur du virus et de transmettre le virus. Donc les gestes barrières sont complémentaires et restent indispensables une fois vacciné. La vaccination n’empêche pas de porter le masque.

Le vaccin sera-t-il obligatoire ?

“Je veux aussi être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire”, a affirmé Emmanuel Macron. Le ministère de la Santé souligne sur son site d’information sur la vaccination que “le vaccin ne sera pas obligatoire et la preuve de vaccination ne pourra donc pas être exigée. De plus, le consentement de la personne à la vaccination devra être recueilli au préalable.”

La vaccination ne sera pas obligatoire, car le gouvernement a fait “le choix de la confiance” a également martelé Jean Castex début décembre. “Il faut que nous soyons les plus nombreux à nous faire vacciner. Se faire vacciner c’est aussi protéger les autres, c’est un acte altruiste”, a insisté le chef du gouvernement, souhaitant que l’on atteigne un niveau de protection immunitaire suffisant pour reprendre une vie normale.

Les enfants peuvent-ils se faire vacciner ?

Il n’y a pas d’autorisation de mise sur le marché des vaccins pour les moins de 16 ans pour le vaccin Pfizer et pour les moins de 18 ans pour le Moderna. De même que pour les femmes enceintes, les données cliniques concernant cette tranche d’âge ne sont pas suffisantes (profils non suffisamment inclus dans les essais cliniques).

“Il est souhaitable qu’il y ait rapidement une autorisation de mise sur le marché pour les moins de 18 ans”, a néanmoins estimé Daniel Floret, vice-président du Comité technique des vaccinations (CTV) le 30 novembre. Il faut espérer que des études soient menées rapidement car il y a certainement des enfants qui ont des comorbidités avec un risque peut-être moins important que certains adultes ou publics vulnérables, mais plus élevé que d’autres enfants.”

Que sait-on des effets secondaires ?

“Les données de tolérance et d’efficacité [du vaccin] sont satisfaisantes”, a confirmé la HAS le 24 décembre, avant le lancement de la campagne de vaccination.

La sécurité est un “impératif”. “Je veux rappeler que si un vaccin est autorisé c’est aux termes d’une évaluation rigoureuse et indépendante, avait expliqué le Premier ministre début décembre, ajoutant que les personnes vaccinées seront suivies dans le cadre d’un dispositif renforcé mis en place par l’ANSM et l’Assurance maladie.

Comme pour tout médicament ou vaccin, il y a des effets indésirables. Ceux du vaccin Pfizer -fièvre, douleur au point d’injection, céphalées- sont assez fréquents mais bénins. Selon la FDA, ils durent en moyenne quelques jours et sont “légers” ou “modérés”.

Quelques cas exceptionnels de paralysie faciale très rares ont été décrits avec le vaccin de Moderna. Lors des essais cliniques, quatre cas de paralysie de Bell ont été recensés, dont un dans le groupe placebo (qui n’a donc pas reçu le vaccin), et l’Agence américaine du médicament a recommandé une “attention particulière” sur ces cas.

Des accidents allergiques ont été notifiés avec le vaccin Pfizer. Selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) aux Etats-Unis, une personne sur environ 100 000 a manifesté une réaction allergique grave après avoir reçu une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre le coronavirus. Les autorités de santé américaines soulignent que les bénéfices de la vaccination restent bien supérieurs aux risques potentiels. Dans le détail, les CDC ont recensé 21 cas de chocs anaphylactiques, une réaction allergique grave, sur un total de 1 893 360 injections du vaccin effectuées entre le 14 et le 23 décembre, soit 11,1 chocs anaphylactiques par million de doses administrées. En France, le vaccin Pfizer et celui de Moderna sont déconseillés aux allergiques présentant des antécédents d’allergies graves de type anaphylactique ainsi que ceux allergiques à l’un des composants du vaccin, en attente de données complémentaires. La HAS recommande de surveiller attentivement les sujets vaccinés pendant au moins 15 minutes après la vaccination.

Comment déclarer un effet indésirable ? Comme pour toute mise sur le marché de vaccin ou de médicament, la pharmacovigilance permet de suivre les effets indésirables. Les agences sanitaires des différents pays vont recenser tous les effets secondaires chez les vaccinés. En France, la procédure de pharmacovigilance est renforcée et comme pour tout médicament, chacun peut déclarer un effet indésirable sur la plateforme dédiée signalement-sante.gouv.fr.

Sources :

  • Vaccination contre la Covid-19 : la HAS définit la stratégie d’utilisation du vaccin Comirnaty ®
  • Foire aux questions : la vaccination contre la COVID-19

Lire aussi

  • Combien de temps est-on contagieux ?
  • Covid-19 et groupes sanguins : les O sont moins souvent malades
  • “Des patients sentent des odeurs fantômes”, un nouveau symptôme du Covid décrypté par un médecin
  • Qu’est-ce qu’un cas contact ?
  • Le RO ou R effectif région par région
  • C’est quoi un certificat électronique de vaccination ?
  • Spray nasal pour bloquer le covid : où en est-on ?
  • Conseil citoyen et vaccination anti-Covid : 35 membres tirés au sort
  • Super-congélateurs, Carboglace… Comment est conservé le vaccin de Pfizer ?
  • Fichier SI Vaccin Covid : à quoi sert-il ? Que contient-il ?

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

Share This
0
    0
    Mon panier
    Votre panier est videRetour à la boutique