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Vaccination Covid-19 : calendrier, annonces d’Olivier Véran

5 Jan. 2021

Après le feu vert de l’Agence des médicaments européenne et de la Commission Européenne, la France a donné le top départ de la campagne de vaccination anti-covid le dimanche 27 décembre. Mais depuis que la campagne de vaccination a été lancée, les professionnels de santé s’interrogent sur la lenteur de la campagne de vaccination. Un démarrage très lent justifié notamment par la nécessité de réserver un temps suffisant pour le recueil du consentement.

Résultat, la France accuse un fort retard par rapport à ses voisins européens : près de 1 million de personnes vaccinées au Royaume-Uni, 238 000 en Allemagne, 115 000 en Italie et seulement 4 000 en France mardi.

“Nous allons désormais amplifier, accélérer et simplifier notre stratégie vaccinale”, a déclaré Olivier Véran mardi 5 janvier sur RTL.

Concrètement, le ministre de la Santé a précisé que les Français volontaires pour se faire vacciner pourront se signaler. “Nous allons ouvrir dans les prochains jours une inscription possible pour les Français qui le souhaitent par internet, par téléphone sans doute, et pourquoi pas par l’application TousAntiCovid, pour que les Français qui souhaitent se faire vacciner puissent le faire savoir, s’inscrire et puissent prendre des rendez-vous.”

Les détails pratiques sur cette inscription seront donnés jeudi lors d’une conférence de presse, en présence de Jean Castex. Olivier Véran a également annoncé :

  • L’élargissement immédiat, dès ce mardi, de la campagne de vaccination aux pompiers et aux aides à domicile de 50 ans et plus.
  • La simplification de la consultation vaccinale dans les Ehpad.
  • La vaccination des plus de 75 ans non résidents d’Ehpad “avant la fin janvier”.

Quel est le calendrier de vaccination ?

Olivier Véran a annoncé l’intention du gouvernement d’accélérer la campagne de vaccination.

En attendant, le plan de vaccination définit pas la HAS doit se faire en 3 étapes en priorisant en premier les personnes vulnérables et les plus exposées au virus (les plus âgées, les plus fragiles en raison d’une pathologie, les soignants). Il s’agit de répondre à un double objectif : réduire les hospitalisations et les décès, tout en préservant les activités essentielles du pays, particulièrement celles du système de santé.

  • La première étape concernera 1 million de Français (les personnes très âgées dans les Ehpad et hôpitaux, ainsi que les soignants fragiles qui s’en occupent) et s’échelonnera sur une période de six à huit semaines, pour tenir compte du délai de 21 jours entre la première vaccination et le rappel.
  • Suivra une deuxième étape, qui concernera -selon les recommandations de la Haute autorité de santé- les personnes à risque en raison d’une pathologie et les plus de 65 ans, soit 14 millions de Français.
  • Puis la troisième étape, se déroulera au début de l’été, afin d’ouvrir la vaccination à l’ensemble de la population, soit 50 millions de personnes. Là encore des priorités seront établies : les personnes âgées de 50 à 64 ans en premier.

Liste des pathologies à risque : obésité (IMC >30) en particulier chez les plus jeunes, BPCO et insuffisance respiratoire, hypertension artérielle compliquée, insuffisance cardiaque, diabète de types 1 et 2, insuffisance rénale chronique, cancers récents de moins de trois ans, transplantation d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques et trisomie 21.

Faut-il se faire vacciner si on a déjà été contaminé ?

La durée de l’immunité à long terme conférée par le Covid-19 n’est actuellement pas connue et le nombre de cas publiés de réinfection dument documentés reste faible (une dizaine environ selon la HAS). Se pose toutefois une question : les personnes ayant déjà été infectées par le SARS-CoV-2 doivent-elles se faire vacciner ?

La Haute autorité de Santé (HAS) ne recommande pas la vaccination systématique pour les personnes déjà contaminées par le Covid-19. Toutefois, “ces personnes doivent pouvoir être vaccinées si elles le souhaitent à l’issue d’une décision partagée avec le médecin. Dans ce cas, il parait alors préférable de respecter un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes.”

Faut-il faire un test PCR avant de se faire vacciner ?

Non, il n’est pas nécessaire de faire un test PCR avant de se faire vacciner. En cas de symptômes qui apparaîtraient avant la vaccination, il faut en revanche faire un test et s’isoler et attendre le résultat. Si on est effectivement positif, alors il n’y a pas d’indication à être vacciné.

Que se passe-t-il si on est contaminé entre deux injections ?

Le vaccin Pfizer, commercialisé sous le nom de COMIRNATY® est constitué de deux injections séparées de trois semaines. Pour le vaccin Moderna, le délai est plus long (quatre semaines). En cas de contamination entre les deux injections, il faut savoir que cela n’a pas de conséquences pour la santé de la personne vaccinée. C’est même l’inverse : la personne ayant déjà acquis une immunité, elle devrait faire une forme plus légère. La deuxième injection n’est alors pas nécessaire.

Le vaccin protège-t-il de la contamination par le Covid-19 ?

Les publications des résultats des essais cliniques des vaccins Pfizer et Moderna font état d’une efficacité de respectivement 95% et 94%. Concrètement, ces vaccins sont efficaces pour protéger les personnes vulnérables, qui risquent de faire des formes sévères, voire d’en mourir. Ils réduisent la sévérité des symptômes. Mais pour l’heure, on ne dispose pas de données pour savoir si les vaccins sont efficaces pour limiter la transmission du virus, donc en préventif. La stratégie est donc basée sur le bénéfice individuel, et non sur le bénéfice collectif. “Pour les personnes qui n’ont pas de risque individuel, l’efficacité des vaccins sur la contagiosité n’est pas connue à ce stade”, souligne Pr Elisabeth Bouvet (HAS).

La mutation du virus rend-elle la vaccination moins efficace ?

Le nouveau variant du virus identifié au Royaume-Uni compte plusieurs mutations, dont huit qui concernent la protéine “Spike”, c’est-à-dire la partie située à la surface du SARS-CoV-2, celle qui lui permet de s’accrocher à nos cellules pour y pénétrer. En somme, la mutation touche la clé qui permet au virus de nous infecter. C’est aussi, cette partie qui est justement ciblée par nos anticorps (pour empêcher le virus d’entrer dans les cellules) et par le vaccin.

Toutefois, il semble à ce jour, que ces mutations ne touchent pas l’ensemble de la clé, donc que cette dernière reste efficace. Et par ailleurs, les spécialistes s’accordent à dire que si la mutation était plus importante, on pourrait facilement adapter le vaccin pour le rendre efficace.

“Il est très probable que le vaccin conserve une efficacité contre cette nouvelle variante. Il faudrait qu’il y ait vraiment beaucoup de mutations pour que le vaccin perde son effet. Pour le moment, nous ne sommes pas très inquiets”, estime Marco Cavaleri, responsable des menaces biologiques sanitaires et de la stratégie vaccinale à l’EMA.

Les femmes enceintes sont-elles prioritaires ?

La HAS n’a pas inclus les femmes enceintes dans les populations à vacciner en priorité dans ses recommandations en raison de l’absence de données sur cette population – exclue des essais cliniques. De plus les recommandations nationales étrangères (notamment anglaises) identifiées à ce stade ne recommandent pas la vaccination pendant la grossesse.

Faut-il continuer à porter un masque une fois vacciné ?

La vaccination n’est pas un gage de non-contagiosité, le vaccin empêche les formes graves mais n’empêche pas d’être porteur du virus et de transmettre le virus. Donc les gestes barrières sont complémentaires et restent indispensables une fois vacciné. La vaccination n’empêche pas de porter le masque.

Le vaccin sera-t-il obligatoire ?

“Je veux aussi être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire”, a affirmé Emmanuel Macron. Le ministère de la Santé souligne sur son site d’information sur la vaccination que “le vaccin ne sera pas obligatoire et la preuve de vaccination ne pourra donc pas être exigée. De plus, le consentement de la personne à la vaccination devra être recueilli au préalable.”

La vaccination ne sera pas obligatoire, car le gouvernement a fait “le choix de la confiance” a également martelé Jean Castex début décembre. “Il faut que nous soyons les plus nombreux à nous faire vacciner. Se faire vacciner c’est aussi protéger les autres, c’est un acte altruiste”, a insisté le chef du gouvernement, souhaitant que l’on atteigne un niveau de protection immunitaire suffisant pour reprendre une vie normale.

Les enfants peuvent-ils se faire vacciner ?

Il n’y a pas d’autorisation de mise sur le marché des vaccins pour les moins de 16 ans. De même que pour les femmes enceintes, les données cliniques concernant les moins de 16 ans ne sont pas suffisantes (profils non suffisamment inclus dans les essais cliniques).

“Il est souhaitable qu’il y ait rapidement une autorisation de mise sur le marché pour les moins de 18 ans”, a néanmoins estimé Daniel Floret, vice-président du Comité technique des vaccinations (CTV) le 30 novembre. Il faut espérer que des études soient menées rapidement car il y a certainement des enfants qui ont des comorbidités avec un risque peut-être moins important que certains adultes ou publics vulnérables, mais plus élevé que d’autres enfants.”

Que sait-on des effets secondaires ?

“Les données de tolérance et d’efficacité [du vaccin] sont satisfaisantes”, a confirmé la HAS le 24 décembre, avant le lancement de la campagne de vaccination.

La sécurité est un “impératif”. “Je veux rappeler que si un vaccin est autorisé c’est aux termes d’une évaluation rigoureuse et indépendante, avait expliqué le Premier ministre début décembre, ajoutant que les personnes vaccinées seront suivies dans le cadre d’un dispositif renforcé mis en place par l’ANSM et l’Assurance maladie.

Comme pour tout médicament ou vaccin, il y a des effets indésirables. Ceux du vaccin Pfizer -fièvre, douleur au point d’injection, céphalées- sont assez fréquents mais bénins. Selon la FDA, ils durent en moyenne quelques jours et sont “légers” ou “modérés”.

Quelques cas exceptionnels de paralysie faciale très rares ont été décrits, ainsi que des accidents dans allergiques.

À ce stade, nous disposons des données des essais cliniques : sur 40 000 volontaires, aucun effet indésirable grave n’a été relevé pour les vaccins de Pfizer et de Moderna. Ensuite, comme pour toute mise sur le marché de vaccin ou de médicament, la pharmacovigilance sera renforcée afin de suivre les effets indésirables. Les agences sanitaires des différents pays vont recenser tous les effets secondaires chez les vaccinés.

En France, la procédure de pharmacovigilance est renforcée et comme pour tout médicament, chacun peut déclarer un effet indésirable sur la plateforme dédiée signalement-sante.gouv.fr.

Sources :

  • Vaccination contre la Covid-19 : la HAS définit la stratégie d’utilisation du vaccin Comirnaty ®
  • Foire aux questions : la vaccination contre la COVID-19

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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