Tests antigéniques rapides (Covid-19) : quand ? pour qui ?

7 Nov. 2020

Alors que le nombre d’hospitalisations et d’entrées en service de réanimation ne cessent de grimper, il est plus que jamais indispensable de tester mieux et davantage. Bien que le télétravail soit passé à 100% pour les activités qui le permettent, de nombreux salariés ont repris leur poste en entreprise. Pour ces derniers, le nouveau protocole sanitaire prévoit qu’il leur sera possible d’effectuer un test antigénique sur leur lieu de travail.

Plusieurs catégories de personnels sont habilitées à faire ces tests – médecins, infirmiers etc.– qui doivent être intégralement financés par l’employeur. Le protocole national sanitaire indique que « l’employeur est tenu d’organiser les conditions permettant la bonne exécution de ces tests et la stricte préservation du secret médical, aucun résultat ne pouvant lui être communiqué ».

« Le protocole national permettant d’assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise face à la Covid-19 renforce le rôle des entreprises dans la stratégie nationale de dépistage. Elles pourront désormais proposer aux salariés volontaires de réaliser des tests antigéniques, dans le strict respect du secret médical » vient d’annoncer le ministère du Travail.

Par ailleurs, le ministre de l’Education nationale a annoncé le 6 novembre que l’on allait commencer « à déployer des capacités de tests à l’intérieur des établissements scolaires » pour permettre aux enseignants, aux agents, et aux élèves, sur autorisation des parents, de se faire tester en temps réel. Il reviendra aux agences régionales de santé (ARS) de mettre en place ce dispositif.

L’enjeu est de désengorger les laboratoires, saturés dans certaines régions. « Nous avons un test PCR fiable mais ce n’est pas suffisant au regard de la forte demande. Cela nous oblige à élargir l’arsenal de tests », avait expliqué Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) à l’occasion d’une conférence de presse ce 9 octobre, avant de résumer : « L’objectif est de tester plus de personnes et plus vite. »

Paru au Journal officiel, un arrêté signé par le ministre de la Santé Olivier Véran donne aussi la possibilité aux pharmaciens de réaliser des tests antigéniques, en même temps que les médecins et infirmiers. Depuis le 4 novembre, les tests se déploient dans les pharmacies et certaines se sont rapidement retrouvées prises d’assaut. Rappelons que l’intérêt principal de ces tests est qu’ils peuvent être réalisés hors laboratoire et qu’ils assurent un résultat rapidement. Leur déploiement présente donc un intérêt dans les régions où les délais d’accès aux tests PCR classiques sont trop longs.

Test antigénique : quelle différence avec le test PCR classique ?

Comme les tests PCR de référence, ces nouveaux tests plus rapides s’effectuent donc via un prélèvement dans le nez avec un écouvillon. La différence, c’est qu’ils sont beaucoup plus rapides et permettent de lire les résultats, comme pour un test de grossesse, en moins de 30 minutes.

Alors que les tests PCR recherchent l’ARN du virus, les tests antigéniques recherchent, comme leur nom l’indique, l’antigène présent à la surface du virus.

Les particules récupérées au fond du nez sont mélangées avec un réactif déposé sur une bandelette. Le changement de couleur permet de déterminer rapidement si la personne est atteinte du Covid ou non. La lecture du résultat est donc plus rapide.

Test antigénique : quand seront-ils disponibles ?

Les tests antigéniques seront progressivement déployés dans toutes les pharmacies, les cabinets d’infirmiers ou de généralistes, d’ici la mi-novembre, selon le calendrier annoncé par Olivier Véran à nos confrères des Echos.

En outre, « tous les Ehpad du territoire » vont recevoir des tests antigéniques, a promis ce 27 octobre la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon. Ici, l’objectif est de tester les personnels des Ehpad, y compris asymptomatiques, pour éviter qu’ils ne fassent entrer le virus et contaminent les résidents. Les autorités ont effectué des expérimentations dans plusieurs régions, avant un déploiement national.

Test antigénique : pour qui ?

Ces tests étant moins fiables que les tests PCR de référence, ils sont réservés aux personnes qui présentent le moins de risques d’être malade, et à celles qui sont le moins susceptibles de développer une forme grave.

Selon l’arrêté, sont concernés « les personnes asymptomatiques, hors personnes contact ou personnes détectées au sein d’un cluster, et les personnes symptomatiques. » Pour ces dernières, les conditions d’éligibilité suivantes doivent être cumulativement remplies :

  • Les personnes sont âgées de 65 ans ou moins et ne présentent aucun risque de forme grave de la covid-19
  • le résultat du test de référence RT PCR pour la détection du SARS-COv-2 ne peut être obtenu dans un délai de 48 heures
  • le test antigénique est réalisé dans un délai inférieur ou égal à quatre jours après le début des symptômes.

Par ailleurs, « des opérations de dépistage à large échelle au sein de populations ciblées peuvent être autorisées par le représentant de l’Etat dans le département ».  Cela peut recouvrir des populations qui vivent, étudient ou travaillent dans des lieux confinés qui favorisent la transmission du virus à un grand nombre de personnes (universités, abattoirs, etc.). Ici, l’objectif est de débusquer les clusters. « Dans ces cas, les tests antigéniques sont intéressants parce qu’il faut dépister vite pour casser au plus vite les chaînes de transmission », avait justifié Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels de la HAS ce 9 octobre lors d’un point presse.

-A noter que si le test doit être réalisé dans les 4 premiers jours après apparition des symptômes (et non dans les 7 jours comme c’est le cas pour les tests PCR classiques), c’est parce que c’est dans cette période qu’ils sont les plus performants (la charge virale est plus importante).

-A noter encore que si les personnes à risque sont exclues, c’est parce que ce test peut être faussement négatif dans 20% des cas. On ne peut pas se permettre de ne pas dépister une personne à risque d’infection potentiellement grave.

Test antigénique : quelle fiabilité ?

Ils sont un peu moins sensibles (80%) que les tests PCR de référence, c’est à dire que des personnes peuvent se croire à tort négatives (faux négatifs). Pour autant, la HAS est favorable à leur utilisation au regard de la rapidité d’obtention des résultats pour limiter la progression du virus. Par ailleurs, leur spécificité est élevée (99%, soit 1% de faux positifs) c’est à dire que « si le test est positif, sa fiabilité est de 99%« , précise le Dr Cédric Carbonneil (HAS).

D’autres tests vont-ils arriver ? 

On distingue en fait deux alternatives aux tests PCR actuellement utilisés :

  • La première voie, c’est d’améliorer les techniques de prélèvement : c’est là qu’entrent en jeu les tests antigéniques. Le médecin, le pharmacien, ou tout autre professionnel de santé pourra le faire directement, sans passer par une analyse dans un laboratoire (on parle de TROD), ce qui devrait fluidifier l’accès au dépistage.
  • La deuxième voie, c’est de compléter l’offre de dépistage avec d’autres modalités de prélèvements : les tests salivaires chez les patients symptomatiques, les tests oro-pharyngés (l’analyse se fait sur un crachat) chez les patients asymptomatiques.

EN VIDEO : les explications de Franck Perez, Directeur scientifique à l’Institut Curie

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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