Test salivaire Covid-19 : quelle efficacité ? qui peut en bénéficier ?

1 Mar. 2021

Les tests salivaires vont se déployer dans les écoles. Le ministre de l’Education a assuré ce lundi 1er mars, que 300 000 tests par semaine seraient réalisés d’ici la mi-mars.

Alors que la situation sanitaire Covid-19 demeure très fragile, la stratégie “tester, isoler, protéger” doit monter en puissance, en parallèle de la campagne de vaccination.

Ces tests, qui s’effectuent en crachant dans un tube, ne sont pas plus rapides que les antigéniques, mais leur principal avantage est d’être plus faciles à effectuer, notamment chez les enfants.

Ils permettent surtout de réaliser des campagnes de dépistage de masse sur des groupes peu ou pas symptomatiques, chez qui le virus peut quand même circuler. La population jeune, globalement moins sujette aux symptômes, est largement concernée.

Le test salivaire : qui peut en bénéficier ?

La HAS a donné son feu vert au déploiement du dépistage salivaire. Jusqu’à présent ces tests étaient exceptionnellement réservés (et remboursés) pour le diagnostic en deuxième intention de patients symptomatiques, lorsque le prélèvement nasopharyngé était difficile voire impossible à réaliser ou mal toléré.

Au regard des nouvelles données scientifiques, la Haute autorité de santé considère désormais que les RT-PCR sur prélèvement salivaire présentent un intérêt même en l’absence de symptômes. “La performance de ces tests est satisfaisante”, a confirmé le 11 février le Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS.

La HAS ajoute donc deux autres indications au test salivaire :

  • Les personnes asymptomatiques dans le cadre d’un dépistage de masse

Le test salivaire est désormais indiqué en première intention dans le cadre d’un dépistage à large échelle, sur des populations ciblées notamment au sein d’écoles, collèges, lycées, universités, personnels d’établissement de santé ou d’EHPAD

L’avantage, c’est que les prélèvements sont plus faciles à effectuer et mieux tolérés. “Faire cracher les enfants dans un tube, cela va les faire rire, alors qu’ils sont souvent réticents aux tests naso-pharyngés”, souligne le Dr Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels de la HAS.

  • Les personnes-contacts

La RT-PCR sur prélèvement salivaire est également indiquée, en deuxième intention, lors du “contact tracing” chez les personnes-contact lorsque le prélèvement nasopharyngé est difficile ou impossible.

A retenir : les tests salivaires viennent compléter l’arsenal de tests déjà disponibles. Le test naso-phrayngé reste la référence, notamment pour les personnes à risque de forme sévère. Quant aux tests antigéniques qui demeurent les plus rapides, ils demeurent recommandés (en première intention) pour les cas contacts afin de casser au plus vite les chaînes de transmission.

Le test Easy Cov, un autre test salivaire ET rapide pourrait par ailleurs être plus largement déployé prochainement. La HAS attend en effet les résultats d’une étude AP-HP pour se prononcer.

Le test salivaire est-il fiable ? 

Les méta-analyses réalisées par la Haute autorité de santé montrent une sensibilité (taux de faux négatifs) satisfaisante quoique plus faible que celle des tests RT-PCR nasopharyngés : 85% pour les tests salivaires et 92% pour les tests naso-pharyngés. Rappelons que pour être considéré comme “fiable”, la sensibilité d’un test doit être supérieure à 80%.

Où faire le test ?

Le test salivaire repose sur la même technique que le test PCR classique. Seul le lieu de prélèvement change : plutôt que de placer un écouvillon dans le tube, le patient doit cracher dans le tube.

Le dépistage salivaire du Covid-19 est déjà en place dans certains hôpitaux depuis une dizaine de jours et va se déployer progressivement cette semaine dans les écoles.

A terme, le prélèvement pourra se faire à 3 endroits : sur le site de dépistage dans le cadre d’un dépistage organisé, directement au laboratoire de biologie médicale, à domicile en auto-test. Concrètement dans ces deux derniers cas, il faudra d’abord récupérer un tube de prélèvement au laboratoire, de la même façon que l’on procède pour une analyse d’urine.

En pratique, comment se passe le test salivaire ? 

Le laboratoire vous fournira un kit de prélèvement, comprenant le tube et une lingette pour le désinfecter, ainsi qu’une enveloppe pour ramener le prélèvement au laboratoire. Un document d’information sera également fourni pour expliquer la marche à suivre.

En pratique, c’est très simple et c’est tout l’intérêt de ce dépistage : “Vous devez simplement saliver dans le tube, explique le Dr Cédric Carbonneil. Pas  besoin de tousser ou de se racler la gorge.” Il précise par ailleurs, qu’il faut laisser un délai de 30 minutes après avoir mangé, bu, fumé ou encore s’être lavé les dents. Une fois le prélèvement effectué, il faut le ramener le jour même au laboratoire. Il peut être conservé à température ambiante. Le laboratoire fournit les résultats dans la journée, comme pour un test naso-phrayngé classique.

Chez les enfants de moins de 6 ans, qui peuvent avoir plus de difficultés à cracher, la HAS précise qu’il est possible de prélever leur salive avec une pipette.

Sources :

  • Conférence de presse, Haute autorité de Santé, 11 février 2021
  • Communiqué de presse “Tests RT-PCR salivaires : la HAS étend leur utilisation et définit les modalités pratiques de réalisation”, février 2021.

Lire aussi :

  • Vaccin anti-Covid : calendrier, doses, efficacité…
  • Protocole sanitaire dans les établissements scolaires : 5 nouvelles mesures
  • Peut-on attraper deux fois le coronavirus ?
  • Coronavirus et porteurs sains : contagieux même sans symptômes ?
  • Coronavirus : comment se soigner à la maison

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

0
    0
    Mon panier
    Votre panier est videRetour à la boutique