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Procès Mediator : les laboratoires Servier reconnus coupables de “tromperie aggravée”

30 Mar. 2021

Les laboratoires Servier ont été reconnus coupables ce lundi de “tromperie aggravée” et d'”homicides et blessures involontaires” dans le scandale du Mediator, cet antidiabétique détourné comme coupe-faim. Et condamnés à payer 2,7 millions d’euros d’amende, selon l’AFP.

“Malgré la connaissance qu’ils avaient des risques encourus depuis de très nombreuses années, (…) ils n’ont jamais pris les mesures qui s’imposaient et ainsi trompé” les consommateurs du Mediator, a déclaré la présidente du tribunal correctionnel, Sylvie Daunis.

Affaire Médiator : de quoi s’agit-il ?

Tout commence en 1976, lorsque les laboratoires Servier commercialisent le Mediator (dont le principe actif est le benfluorex), un médicament anti-cholestérol et anti-triglycérides, destiné aux patients en surpoids et/ou souffrant de diabète de type 2. Mais, en raison de ses propriétés anorexigènes, le Mediator est largement prescrit comme coupe-faim (dans un but minceur, donc) à des patients qui ne sont ni diabétiques, ni atteints d’hypercholestérolémie…

Les premières alertes sont lancées en 1999 : un cardiologue exerçant à Marseille évoque ainsi le potentiel impact sur Mediator sur la santé cardiovasculaire et soupçonne un risque accru de valvulopathies cardiaques chez les patients traités avec cet antidiabétique. Le Mediator est successivement retiré du marché en Suisse (en 1998), en Espagne (en 2003) et en Italie (en 2004) ; en France, il reste commercialisé.

En 2007, les soupçons à l’encontre du Mediator ne font qu’augmenter et le Dr. Irène Frachon, pneumologue à Brest, entame une vaste étude épidémiologique : trois ans plus tard, elle publie Mediator 150 mg, combien de morts ?.

Il faut attendre le mois de novembre 2009 pour que les autorités sanitaires décident de retirer de la vente le Mediator : entre 1976 et 2009, 5 millions de personnes en France ont utilisé ce médicament. La CNAM, saisie par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM, appelée “Afssaps” à l’époque) estime en 2010 que le Mediator a provoqué entre 1000 et 2000 décès et 3500 hospitalisations.

Procès du Mediator : quelles sont les réquisitions ?

Le procès du Mediator a débuté le 23 septembre 2019, avant d’être suspendu entre mars et juin 2020 en raison de l’épidémie de coronavirus. Au total, 11 personnes morales (parmi lesquelles les laboratoires Servier qui commercialisent le Mediator et l’ANSM, responsable de l’autorisation de mise sur le marché du médicament) et 12 personnes physiques comparaissent au tribunal correctionnel de Paris. Les laboratoires Servier sont accusés d’avoir volontairement dissimulé les effets secondaires dangereux du Mediator : l’entreprise pharmaceutique est poursuivie pour “tromperie aggravée”, “escroquerie” et “homicides et blessures involontaires”. De son côté, l’ANSM est accusée d’avoir tardé à retirer le médicament de la vente.

Au mois d’avril 2019, 3993 patients avaient reçu une “offre d’indemnisation” de la part des laboratoires Servier, et 115 millions d’euros avaient déjà été versés.

Le 23 juin dernier, la procureure de la République a requis, ce mercredi 24 juin, des amendes de 375 000 euros à 1,875 million d’euros pour les personnes morales et des peines d’un an à deux ans de prison avec sursis pour les personnes physiques. De plus, 3 ans de prison ferme ont été requis contre l’ex-numéro 2 de la société, Jean-Philippe Seta, qui est le principal prévenu dans cette affaire. 200 000 € d’amende ont enfin été requis à l’encontre de l’Agence nationale de sécurité du médicament (Ansm) pour avoir tardé à retirer le médicament de la vente.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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