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Peut-on prédire l’âge de la ménopause ?

16 Avr. 2021

Sera-t-il possible un jour de prédire l’arrivée de la ménopause ? Le Dr Matti Hyvärinen, chercheur au Centre de gérontologie de l’Université de Jyväskylä, en Finlande, a mené une étude sur une petit groupe de 279 femmes âgées de 47 à 55 ans, afin de déterminer des marqueurs potentiels de l’arrivée de la ménopause. Les chercheurs ont identifié 32 covariables décrivant les caractéristiques associées à l’âge à la ménopause naturelle.

La compréhension de ces facteurs pourrait aider les médecins à choisir les options contraceptives et les traitements hormonaux de substitution pour leurs patientes.

A quel âge peut débuter la préménopause ?

Seules 5 % des femmes voient leurs règles disparaître d’un coup sans signes précurseurs. Pour les autres, les fluctuations hormonales démarrent au milieu de la quarantaine, inaugurant une période d’instabilité pouvant durer de quelques mois à six ou sept ans, le plus souvent entre trois et cinq ans.
Premier signe : les cycles deviennent irréguliers. « Ils commencent par raccourcir, passant par exemple de 28 à 25 jours », explique le Pr Anne Gompel, responsable de l’unité d’endocrinologie à l’hôpital Cochin (Paris).« Puis ils s’allongent, à mesure que la ménopause se rapproche, avec des périodes sans règles pouvant s’étirer jusqu’à plusieurs mois. » Pourquoi de tels écarts ? À la naissance, chaque femme dispose d’un stock limité de follicules, des petits sacs contenant un ovule. Pendant la période de fécondité, les ovaires sécrètent des œstrogènes qui provoquent chaque mois l’expulsion d’un ovule fécondable. Puis, pendant les quatorze jours suivants, le follicule produit de la progestérone afin de préparer la muqueuse utérine à une éventuelle grossesse. En l’absence de bébé, cette muqueuse supplémentaire s’élimine : ce sont les règles.

À l’approche de la ménopause, les rares follicules qui restent permettent encore aux ovaires de sécréter un peu d’œstrogènes, mais en dose parfois insuffisante pour déclencher une ovulation performante. Dans ce cas, il n’y a plus de production de progestérone, d’où l’apparition de troubles liés à un excès relatif d’œstrogènes par rapport à cette absence de progestérone.

Le retour du syndrome prémenstruel

Non seulement les règles deviennent irrégulières, mais elles s’accompagnent souvent d’un retour du syndrome prémenstruel ou d’une accentuation de ses symptômes : seins tendus et douloureux, ballonnement abdominal, gonflement des jambes et du visage, fatigue… La progestérone exerçant un effet calmant, sa disparition tend à diminuer la résistance au stress. « Beaucoup de femmes se plaignent d’être irritables et de “démarrer au quart de tour” », confirme le Dr Brigitte Letombe, gynécologue. Nervosité et émotivité peuvent aussi retentir sur le sommeil, ce qui n’arrange pas l’humeur. « Parfois, cette période de “montagnes russes” associe syndrome prémenstruel et dépression du post partum (après l’accouchement) », ajoute la spécialiste.

Ce n’est pas tout. Nombre d’ennuis gynécologiques, dépendants des hormones, peuvent aussi « flamber » à cet âge. Les règles deviennent généralement plus abondantes, au point parfois d’occasionner fatigue et anémie. Des saignements intempestifs peuvent se manifester, car l’endomètre (muqueuse utérine) épaissit.
De la même façon, des polypes, ou des fibromes peuvent « pousser », tout comme des « boules » au sein. Ces troubles sont bénins, dans la plupart des cas, et il ne faut pas paniquer. Toutefois, consulter son gynécologue sans tarder permet de bénéficier de moyens pour les soulager.

Préménopause : des solutions sur mesure 

On peut prescrire un progestatif par voie orale « Pour atténuer ces symptômes gênants, à prendre dix jours par mois ou trois semaines sur quatre en cas de contraception », explique le Pr Gompel. Il existe différentes sortes de progestérone et le médecin peut être amené à changer de médicament avant de trouver celui qui convient le mieux.

Autre solution, souvent privilégiée : poser un stérilet progestatif (Mirena), qui diffuse les hormones localement et calme bien les règles hémorragiques. Ce dispositif a l’avantage d’éviter les effets secondaires parfois liés au traitement oral (prise de poids, somnolence…). Mais il peut, en retour, aggraver les douleurs des seins et l’irritabilité. Trouver le bon traitement hormonal dans cette période d’instabilité peut donc demander plusieurs essais.

Certains végétaux (soja…) sont riches en phyto-œstrogènes, mais d’autres plantes en contiennent.
Des plantes contenant des molécules mimant l’action de la progestérone sont à privilégier lors de la pré-ménopause pour compenser la baisse de cette hormone. Les principales : l’alchemille, le gattilier, et l’achillée millefeuille, à essayer pour réduire les règles trop abondantes ou douloureuses. On les trouve sous forme d’extraits de plantes fraîches dans les magasins bio et diététiques.
Elles peuvent aussi être intégrées à des complexes vendus en pharmacie, associées à d’autres composants (antioxydants, calmants…). Par exemple Prepause (env. 15 € pour un mois, à raison de 1 comprimé matin et soir). Ce complément alimentaire convient à toutes les femmes, même après un cancer du sein.

La prise de poids est-elle inévitable ?

Entre 45 et 55 ans, huit femmes sur dix prennent du poids, en moyenne 7 kg. « La consommation énergétique de base diminue, alors que l’appétit, lui, reste inchangé », explique le Pr Gompel.
Si l’on souhaite garder sa silhouette, il va falloir diminuer un peu sa ration calorique. Et, surtout, bouger plus pour conserver ses muscles. Grossir un peu n’a pas que des inconvénients, car la graisse produit une petite quantité d’œstrogènes. D’ailleurs les femmes minces sont plus sujettes aux bouffées de chaleur, les rondes et les sportives ayant généralement moins de troubles.

A-t-on encore besoin d’une contraception ?

Même si la fécondité fléchit sérieusement après 45 ans, une grossesse demeure possible jusqu’à l’arrêt des règles. Une femme mince qui ne fume pas et n’a aucun facteur de risque cardiovasculaire peut, en théorie, continuer à prendre des œstroprogestatifs (pilule ou implant) jusqu’à la ménopause. Ce qui lui permettra également de passer en douceur les années qui la précèdent. Mais, en pratique, les gynécologues répugnent à prescrire aussi longtemps une contraception dont les effets négatifs augmentent avec les années. Il est parfois possible de prendre une pilule micro-dosée en progestatifs (sans œstrogènes). Autres solutions : la pose d’un stérilet ou le préservatif.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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