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Maladies infectieuses : les rats d’élevage sont porteurs de virus encore inconnus

5 Fév. 2021

Bien qu’il soit parfois considéré comme un animal de compagnie, le rat est surtout connu pour être un vecteur de maladies. Leptospirose, hantavirose, salmonellose… Ces zoonoses sont transmises à l’Homme via les urines, la salive ou encore les selles de rats.

Selon une récente étude conduite des chercheurs du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), les rats pourraient héberger bien d’autres agents pathogènes qui, s’ils étaient transmis à l’Homme, pourraient être à l’origine de nouvelles maladies infectieuses potentiellement graves.

Entre 2006 et 2018, les chercheurs (qui ont publié leurs travaux dans la revue spécialisée Microbiome) ont collecté des échantillons de tissus pulmonaires de 3284 rats en Thaïlande, puis ont étudié l’ADN des virus repérés dans les prélèvements.

“Nous avons découvert de nouveaux virus, sources potentielles de maladies infectieuses”

Nous avons retrouvé des virus déjà connus, notamment des hantavirus, des mammarenavirus ou des coronavirus” a expliqué Serge Morand, écologue de la santé au Cirad et coauteur de ces travaux à nos confrères du Parisien. “Mais nous avons aussi découvert de nouveaux virus, sources potentielles de maladies infectieuses pour l’être humain.

Problème : comme l’expliquent les chercheurs, en Asie du Sud-Est, les rats sauvages sont regroupés dans des élevages. En effet, certaines espèces de rats (des rizières, en particulier) sont appréciées pour leur viande et les rongeurs, stressés par la captivité, ont une réponse immunitaire insuffisante pour lutter contre les virus. En outre, les élevages locaux sont souvent “familial[aux] et de petite taille, s’effectuent dans de mauvaises conditions sanitaires et éthiques, et ne bénéficient pas du suivi vétérinaire nécessaire” ajoutent les scientifiques. Le cocktail idéal pour favoriser l’émergence de nouvelles zoonoses… et peut-être de nouvelles épidémies mondiales.

Les chercheurs tirent donc la sonnette d’alarme et rappellent que l’épidémie de Sras, en 2002, “aurait dû servir d’exemple [mais] n’a pas empêché l’essor récent de fermes d’animaux sauvages en Asie du Sud-Est“. L’agent infectieux à l’origine du Sras était en effet passé de la chauve-souris à l’Homme par l’intermédiaire de la civette, un petit rongeur.

Source :  Le Parisien, jeudi 4 février 2021.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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