Maladie de Kawasaki et coronavirus : symptômes, cas en France

1 Mai. 2020

Un lien entre le coronavirus et la maladie de Kawasaki ? C’est ce que laisse entendre une étude des autorités sanitaires britanniques relayant 12 cas chez de jeunes enfants. A leur tour plusieurs services de pédiatrie d’Ile-de-France ont alerté Santé Publique France sur des cas de syndromes cardiaques chez des enfants, pouvant faire penser à une maladie de Kawasaki. Sans affirmer qu’il existe un lien entre les deux pathologies, le professeur Damien Bonnet, du M3C-Necker a expliqué qu’une « alerte à caractère épidémique » est « cruciale dans une période où l’activité programmée est susceptible de reprendre et à l’heure du dé-confinement ». En Europe, en plus de l’Angleterre qui donné l’alerte, des cas similaires ont été observés en Italie et en Espagne.

SOMMAIRE :

  • Des rares cas et pas de décès en France
  • Origine et liens avec le Covid-19
  • Les symptômes de la maladie de Kawasaki
  • Diagnostic et traitement de la maladie de Kawasaki

Des rares cas et pas de décès en France

Que sait-on des cas d’enfants signalés ?

Au total sur l’ensemble des réanimations pédiatriques d’Ile de France, un peu plus de 20 cas ont été répertoriés. Par comparaison, l’hôpital Necker recense habituellement moins de 1 cas par mois, c’est donc plus que la fréquence habituelle. Dans les autres régions, quelques cas ont été notifiés (Nancy, Reims, Chambéry, Lyon, Montpellier) mais en nombre beaucoup moins important. Un recueil de données a d’ailleurs été mis en place pour surveiller ces cas au niveau national.

Le profil des patients est bien identifié. « Depuis le 15 avril, nous avons constaté l’arrivée de jeunes patients avec des profils particuliers : après quelques jours de fièvre et de douleurs abdominales, parfois avec une éruption cutanée souvent fugace, ils présentaient une défaillance cardiaque dans un contexte très inflammatoire », décrit le Dr Sylvain Renolleau, chef du service de réanimation de l’hôpital Necker enfants malades, lors d’un point presse AP-HP ce 30 avril.

« Des cas d’enfants de tous âges, y compris adolescents », a-t-il précisé. En effet, l’âge médian est de 9 ans et demi, avec des extrêmes entre 3 ans et 17 ans. Aucun de ces enfants n’avait de facteur de risque particulier dans ses antécédents.

Comment ces enfants ont-ils été pris en charge ?

Les enfants ont tous eu besoin d’une aide ventilatoire et ont presque tous eu besoin d’un support médicamenteux pour aider la fonction cardiaque et normaliser la pression artérielle, a encore décrit le Dr Renolleau. Point positif, ils ont tous évolué favorablement au bout de 3 à 4 jours en réanimation, avec une restitution de la fonction cardiaque.

Cette pathologie connue des médecins est surveillée, mais il ne s’agit pas d’un phénomène inquiétant. On en guérit en général bien avec une bonne surveillance. Le traitement pas immunoglobuline est pour l’heure efficace rapidement, selon les spécialistes. Les enfants restent trois jours en réanimation. Une prise en charge efficace avec les traitements appropriés n’entraîne pas de dégradation de l’état de santé.

« Tous ces enfants ont été en contact avec le virus à un moment ou à un autre« , a affirmé Sylvain Renolleau. Avant de préciser qu’on observe deux cas. Soit, « les enfants arrivent avec une PCR positive faible » (c’est-à-dire que la quantité de virus est faible, ce qui suggère que l’enfant est en fin de période d’expression de la pathologie), soit « avec une sérologie qui montre un contact plus ancien avec le virus, 4 semaines environ » (c’est-à-dire que l’enfant a développé des anticorps après avoir été infecté plusieurs semaines auparavant, il n’est donc plus malade).

Origine et liens avec le Covid-19

Le syndrome de Kawasaki est une pathologie inflammatoire qui s’attaque à la paroi des vaisseaux sanguins. Il s’agit d’une maladie rare diagnostiquée pour la première fois en 1967 au Japon par le pédiatre Tomisaku Kawasaki, d’où son nom. Cette pathologie souvent liée à un virus. Elle est très rare : elle concerne 1,7 enfants pour 10 000 patients. Parmi eux, les cas graves représentent moins de 5% des cas. La mortalité est très faible.

Quel lien entre Covid-19 et Kawasaki ? Le Pr Damien Bonnet, cardiologue pédiatrique (hôpital Necker) explique ce 30 avril à l’occasion d’un point presse, que le lien entre les deux a été assez évident car « il y a très peu de maladies inflammatoires pour lesquelles on observe une défaillance cardiaque », même s’il souligne qu’on n’a pas pour l’heure de certitude.

Les spécialistes comparent cette réaction inflammatoire aux orages de cytokines, observés dans les formes sévères adultes. A ceci près que l’orage de cytokine, à l’origine du syndrome de détresse respiratoire qui touche les poumons adultes survient au début de la 2e semaine autour du 8e ou 10e jour. Chez les enfants, c’est aussi une inflammation exagérée, mais qui arrive plus tard que chez l’adulte (3e ou 4e semaine) avec une atteinte non pas des poumons mais du muscle cardiaque.

Pourquoi ces cas apparaissent seulement maintenant ? « Ce que l’on comprend de l’arrivée différée de ces cas par rapport au début de l’épidémie, c’est qu’il s’agit sans doute d’une maladie post-infectieuse », explique le cardiologue.

Les symptômes de la maladie de Kawasaki

La maladie de Kawasaki se manifeste par une fièvre très élevée inexpliquée persistante et mal tolérée sur plusieurs jours. S’associent au moins quatre des symptômes suivants, précise l’association de patients Vascularites :

  • Gonflement des ganglions lymphatiques
  • Eruption cutanée sur le corps
  • Conjonctivite
  • Atteinte buccale : langue framboisée et lèvres sèches et craquelées
  • Rougeurs, œdèmes, puis desquamation tardive des extrémités des pieds et/ou des mains

Quand s’inquiéter ? “La survenue d’une fièvre à 38,5°C ne doit pas faire penser à un trouble de Kawasaki, n’importe quel syndrome viral donne de la fièvre, prévient le Pr Gérard Cheron, pédiatre (urgences pédiatriques Necker). Ici c’est une fièvre importante 39°C ou 40°C prolongée au-delà de 72 heures. Tout enfant fébrile mérite un examen clinique mais il ne faut pas s’inquiéter si son comportement neurologique ou alimentaire reste normal et qu’il ne présente pas de gène respiratoire ».

Il convient de consulter son médecin traitant ou les urgences pédiatriques « si la fièvre élevée est mal tolérée (somnolence, refus de s’alimenter) ou se prolonge au-delà de 72 h » et a fortiori « si l’enfant se plaint de douleurs abdominales, vomit ou a la diarrhée ».

Diagnostic et traitement de la maladie de Kawasaki

En présence des signes évoqués, il est indispensable de consulter un médecin ou les urgences pédiatriques. « Face à un syndrome inflammatoire sans cause connue, les médecins pourront alors demander des examens biologiques complémentaires à la recherche d’un marqueur d’une éventuelle atteinte cardiaque, explique Gérard Cheron. Si une forme de Kawasaki est envisagée, l’enfant sera orienté vers un cardiologue afin de discuter les indications thérapeutiques. » Et de rassurer : « On dispose d’un traitement spécifique par immunoglobulines ».

Si la maladie est prise en charge dans les meilleurs délais, elle n’entraîne pas de complications cardiovasculaires.

Sources : conférence de presse AP-HP, 30 avril.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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