Lypémanie : qu’est-ce que la maladie qui touche Marc Lavoine ?

16 Mar. 2021

Sur le plateau de “ça ne sortira pas d’ici” sur France 2, Marc Lavoine a de nouveau parlé d’un trouble dont il serait atteint, comme sa mère. Alors qu’il est enfant, sa mère part en maison de repos, son père sort un dictionnaire de médecine et pointe du doigt la pathologie dont elle souffre : “Il a dit : mélancolie, lypémanie, voila ce qu’a votre mère. C’était une façon poétique et moins violente de nous annoncer que notre mère faisait parfois des dépressions. En quoi consiste cette maladie dont souffrirait le coach de The Voice ?

D’où vient-elle ?

Le terme lypémanie vient du grec, “lype” qui veut dire tristesse. La maladie a été nommée pour la première fois en 1820 par un médecin psychiatre français, à l’origine de beaucoup de concepts psychiatriques : Jean-Etienne Esquirol. Il signe un texte baptisé “De la lypémanie ou mélancolie”. Il la décrit comme un trouble psychique qui rend tout événement quotidien insupportable et terrifiant pour le malade. “Le froid, la pluie, le vent, le chaud, les font frissonner de douleur et d’effroi. Les situations qui les surprennent et les dérangent sont vécues comme des attaques dirigées tout exprès contre leur personne. Tout les agresse.

Quels sont les symptômes de la lypémanie ?

La lypémanie correspondrait à une forme de dépression sévère, à ne pas confondre avec une dépression réactionnelle, qui fait suite à un événement brutal. Elle aurait une tendance à rendre perméable à tout : les lypémaniaques sont plus susceptibles, sont obsédés par des idées sombres, manifestent une grande tristesse en continu, voient leurs émotions déclenchées très rapidement, et ont l’impression qu’il n’existe aucune issue. Comme l’indique l’encyclopédie Universalis, Esquirol parlait aussi d’un “délire triste” et souvent localisé, avec une idée principale.

Le terme lypémanie n’est plus utilisé dans l’univers médical. On lui préfère désormais l’expression : dépression chronique. En effet, cette description fait écho à celle de la dépression, selon l’Inserm, caractérisée par : une tristesse pathologique intense et quasi-permanente, une perte d’élan vital, perte d’intérêt et de plaisir, idées de mort ou de suicide récurrentes, un sentiment d’angoissant prégnant, une fatigue, perte d’appétit et ralentissement psychomoteur. Cette dernière toucherait 15 à 20% de la population française.

La lypémanie est-elle héréditaire ?

Marc Lavoine décrit sa mère comme une femme qui perd le moyen de dire à ses enfants qu’elle les aime, tant elle est triste. Il explique ressentir les mêmes symptômes qu’il a passé son enfance à constater chez elle. L’Inserm explique que la cause génétique est soutenue par diverses études épidémiologiques : “on sait par exemple qu’un individu a deux à quatre fois plus de risque de présenter un trouble dépressif caractérisé au cours de sa vie lorsque l’un de ses parents a des antécédents de trouble dépressif. Deux gènes codant sont ainsi impliqués : pour le transporteur de la sérotonine (un neurotransmetteur) ou pour un facteur essentiel à la prolifération, la différenciation et la survie des neurones.

Des facteurs neurobiologiques peuvent expliquer ces troubles, notamment s’il existe un problème de transmission de la sérotonine, de la noradrénaline et de la dopamine dans le cerveau. La balance entre le glutamate et le GABA pourrait aussi être déterminante, car cela viendrait altérer la neuroplasticité du patient, l’empêchant de former de nouveaux neurones. Cela dit, les troubles psychiatriques tels que la dépression ou la lypémanie ne sont pas exclusivement génétiques ou chimiques. Ils peuvent répondre à des prédispositions mais sont aussi déclenchés par des causes environnementales.

Comment traiter la lypémanie ?

De la même manière que pour la dépression, il n’existe pas de traitement miracle contre la lypémanie. Comme elle est multifactorielle, son soin doit l’être aussi. Elle peut être traitée par une thérapie, et par voie médicamenteuse (antidépresseurs, anxiolytiques) ou encore par une modification du mode de vie : davantage de soleil, du sport, moins de stress…

Sources : Inserm, Encyclopédie Universalis

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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