qop

Lésions dues au papillomavirus et cancer du col de l’utérus : non, ce n’est pas la même chose

17 Fév. 2021

En France, on commence à réaliser des frottis ou test HPV (prélèvement des cellules superficielles du vagin et du col de l’utérus) à partir de 25 ans. Ceux-ci visent à détecter une contamination à certains virus comme le HPV (papillomavirus), lequel peut entraîner des lésions. Celles-ci font l’objet d’une grande inquiétude lorsqu’elles sont détectées chez les femmes. Pourtant, elles sont très fréquentes et, dépistées régulièrement via frottis, elles ne mettent pas la santé en jeu. D’autant qu’en général, le système immunitaire les combat naturellement.

Patrick Cerf, gyécologue à Paris, répond à toutes les questions sur les lésions dues au papillomavirus.

Qu’est-ce qu’une infection à HPV ?

Patrick Cerf : Les Human Papilloma Virus sont une famille de virus comptant plus de 150 variétés. Beaucoup ne provoquent aucune pathologie, d’autres peuvent provoquer des verrues, les condylomes, et une quinzaine dont 2 surtout (le 16 et le 18) peuvent provoquer des lésions qui sont susceptibles d’évoluer au bout de nombreuses années jusqu’au stade de cancer.

Quels en sont les signes ?

Il n’y a aucun signe de la contamination. Il peut se développer des petites verrues, les papillomes ou condylomes, la plupart du temps sur les parties génitales et/ou anales de l’homme ou de la femme. Il peut également se développer des lésions invisibles au niveau des muqueuses de la vulve, du vagin, du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, de l’urètre et de l’oropharynx. Ces lésions restent sans symptômes avant de nombreuses années d’évolution.

Ce virus est-il courant ? Comment se transmet-il ?

Par voie sexuelle exclusivement et de manière extrêmement fréquente. Environ 80% des personnes contractent un HPV au cours de leurs premiers rapports sexuels avec un.e partenaire qui a déjà eu une activité sexuelle. Dans l’immense majorité des cas, le corps réagit et l’immunité élimine ce virus qui ne persiste ensuite que chez très peu de personnes.

En cas de frottis montrant une infection HPV, faut-il s’inquiéter ?

La découverte d’un HPV au dépistage n’est pas inquiétante en soi mais demande la réalisation d’un bilan car plusieurs scénarios sont possibles : on peut héberger le virus sans avoir de lésion cellulaire, et avoir des lésions plus ou moins avancées.

L’évolution des lésions se fait au cours de nombreuses années et il n’y a jamais d’urgence ou de risque d’évolution rapide vers des lésions graves à court terme. Il faut le répéter, découvrir un HPV n’est pas synonyme de cancer présent ou futur mais impose un bilan et une surveillance.

Quelle prise en charge est proposée ?

En cas de lésions cellulaires associées, suspectées par le frottis, il faut faire une colposcopie, examen avec une sorte de grosse loupe, qui permettra si nécessaire de faire une ou des biopsies pour préciser le stade évolutif des ces lésions. Selon qu’elles sont de bas grade à haut grade, appelées CIN 1, 2 ou 3, la conduite à tenir ira de la simple surveillance (car souvent les lésions disparaissent naturellement), à la destruction par laser ou exérèse, ou même à la conisation. La décision dépend du stade des lésions ainsi que de l’âge et des antécédents et projets concernant la grossesse.

Les dépistages réguliers suffisent-ils à prévenir le cancer du col de l’utérus ?

La surveillance instaurée en France permet de ne jamais avoir un cancer du col car les stades précédents le cancer de plusieurs années seront découverts et entraîneront une prise en charge adaptée. Le vaccin actuel a clairement démontré son efficacité et son innocuité. Il concerne 9 HPV parmi les plus susceptibles de donner des lésions pouvant devenir graves.  Si à titre individuel le vaccin ne protège qu’à environ 80%, l’immunité de masse quand un grand nombre de personnes sont vaccinées, permettra d’éradiquer non seulement les cancers mais également les nombreuses pathologies, examens et traitements induits par ces virus.

Lire aussi :

  • Stérilet (DIU) au cuivre : pour qui ? quels effets secondaires ?
  • Lutéran, Lutényl et méningiome : vers une meilleure information des patientes
  • Le syndrome prémenstruel : définition, symptômes et conseils
  • Témoignage – La vasectomie “pour prendre enfin la responsabilité de la contraception dans le couple”

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

Share This
0
    0
    Mon panier
    Votre panier est videRetour à la boutique