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Jean-Paul Hamon : “Mes patients de plus de 65 ans sont énervés”

26 Fév. 2021

Alors que la situation épidémique est préoccupante, la campagne de vaccination contre le Covid-19 est entrée dans une nouvelle phase jeudi en France. Les médecins généralistes peuvent désormais vacciner leurs patients, âgés de 50 à 64 ans et souffrant de pathologies chroniques, telle que le diabète, l’obésité ou encore l’hypertension, soit 2 millions de Français.

Pour se faire vacciner, inutile d’aller en pharmacie. Il suffit de contacter son médecin traitant. Au moment de prendre rendez-vous, le patient déclare simplement son âge et ses comorbidités.

Rappelons que c’est le vaccin AstraZeneka qui est recommandé par la Haute autorité de santé pour cette cible. A la différence des vaccins à ARN de Pfizer et Moderna, il s’agit d’un vaccin à vecteur viral, c’est-à-dire un virus modifié mais inoffensif.

La campagne de vaccination en cabinet médical a débuté. Comment se sont déroulées ces premières vaccinations ?

Mes patients étaient soulagés d’être vaccinés, cela s’est fait dans la bonne humeur. Les personnes que j’ai vaccinées hier n’ont pas présenté d’effets secondaires, aucune n’a rappelé pour des courbatures ou pour des maux de tête, je leur ai donné systématiquement du paracétamol en prévention. Il faut vraiment rassurer les patients, le vaccin AstraZeneka est un bon vaccin : une récente étude écossaise montre qu’en vie réelle son efficacité atteint 90% [Le vaccin réduit de 94 % les hospitalisations, donc les formes sévères chez les personnes vaccinées, NDLR].

Les 20 000 généralistes volontaires n’ont reçu qu’un flacon de 10 doses. Quand et comment les prochains patients pourront-ils se faire vacciner ?

La cible des 50-64 ans avec comorbidités représente environ 80 patients sur une patientèle de 450 patients en ALD. Normalement nous attendons trois flacons la semaine prochaine pour poursuivre les vaccinations. Les patients ont commencé à prendre rendez-vous, mais cela ne fait jamais que 30 doses par semaine par médecin volontaire si le rythme se maintient, donc cela prend du temps. Après, si les 30 000 médecins généralistes vaccinent 30 patients par semaine, on ne sera pas loin du million mais cela illustre bien que si on avait suffisamment de vaccins, on vaccinerait plus rapidement la population Française.

Le gouvernement espère pouvoir commencer début avril la vaccination des 65-74 ans. Que répondez-vous à vos patients qui sont pour le moment exclus de la campagne ?

Je leur dis d’être patients et d’être prudents en attendant leur tour, et d’ailleurs ils le sont, mais ils sont très énervés ! Cela dit, on ne peut pas faire mieux, c’est une question de doses.

Pensez-vous que la situation sanitaire va s’aggraver dans les prochains jours ?

On est en train de payer l’absence de fermeture avec le Royaume-Uni au moment où le variant anglais progressait. En même temps on n’aurait pas empêché le variant d’arriver mais cela nous aurait peut-être permis d’arriver au printemps sans avoir à reconfiner. Aujourd’hui, la situation est sérieuse même si le nombre de lit en réanimation n’augmente pas exponentiellement. Le gouvernement avance en tenant compte à la fois de la santé et de l’économie. Mais c’est vrai que c’est une période délicate, les vacances scolaires vont se terminer et cela risque de poser des problèmes. L’arrivée des tests salivaires pour dépister les enfants est une bonne chose, la reprise de l’école moins !

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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