qop

En 2020, une hausse des décès inédite depuis 70 ans

30 Mar. 2021

En 2020, 669 000 personnes sont décédées en France soit soit 55 500 de plus qu’en 2019 (ou 9,1% de plus. “Une hausse sans commune mesure avec celle des années passées et qui n’avais pas été enregistrée en France depuis 70 ans.” souligne l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) qui vient de publier ses statistiques sur le nombre de décès en France.

À espérance de vie constante depuis 2019, l’augmentation de la population et son vieillissement auraient dû entraîner un accroissement des décès d’environ 14 000 en 2020. Si les statisticiens expliquent une partie de cet écart par le fait que l’année soit bissextile, ils reconnaissent que “l’essentiel de la hausse des décès en 2020 est porté par l’augmentation des taux de mortalité aux âges élevés du fait de l’épidémie de Covid-19”. Un rôle prépondérant que l’Institut national des études démographiques (Ined) spulignait déjà il y a quelques mois dans son rapport Populations et Sociétés.

Première vague de décès au printemps 2020

Au cours de la première quinzaine de mars 2020, juste avant le premier confinement, le nombre de décès toutes causes confondues était en moyenne de 1800 par jour, soit du même ordre qu’à la même période en 2019. Il a ensuite augmenté très rapidement pour atteindre un pic le 1ᵉʳ avril, avec 2810 décès. Au cours de la première vague de l’épidémie, en mars-avril 2020, 27 300 décès supplémentaires sont survenus par rapport à la même période de 2019 (+ 27 %).

Deuxième vague de décès à l’automne 2020

À l’automne, chaque année, les décès augmentent jusqu’à la fin de l’année. Mais en 2020, cette augmentation a été particulièrement forte. “Entre septembre et mi-octobre, le nombre de décès était chaque jour en moyenne supérieur d’une centaine à celui de 2019. À partir de mi-octobre, l’écart s’est creusé encore et un pic à 2340 décès a été atteint le 7 novembre” soulignent les statisticiens. Cette seconde vague a été plus lente à refluer,  d’autant qu’en janvier 2021, les décès ont augmenté à nouveau légèrement.

Un excédent de décès chez les plus de 70 ans

L’excédent de décès en 2020 par rapport à 2019 a été un peu plus prononcé pour les hommes (+ 10 %) que pour les femmes (+ 8 %). Il a aussi été plus élevé chez les personnes de plus de 70 ans. En effet, les statitiques de l’Insee montre que la hausse des décès demeure limitée entre 60 et 69 ans (+ 4 %), mais elle bondit à 14 % entre 70 et 79 ans, et se situe à des niveaux élevés entre 80 et 89 ans (+ 9 %) et au-delà (+ 12 %). Lors des deux vagues du printemps et de l’automne, a hausse a été très forte, avec assez peu de différences entre septuagénaires, octogénaires et plus âgés : + 31 % en mars-avril et + 20 % en septembre-décembre pour les 70 ans ou plus. La surmortalité des hommes âgés s’avère également plus importante que celle des femmes âgées (+ 4 points lors des deux vagues). Au total sur l’année, les décès de personnes de plus de 70 ans ont augmenté de 52 100.

En 2020, moins de décès dus à la grippe

Chaque année, on enregistre une dizaine de milliers de morts avec l’épidémie de grippe, cette année, ce chiffre a considérablement baissé. Selon Santé Publique France, la grippe saisonnière en 2020 a occasionné peu de décès (environ 4000 en 2020, après 8100 en 2019 et 13 000 en 2018). Autre chute de la mortalité ? Celle sur les routes, du aux moindres déplacements cette année. A l’inverse, les trois vagues de chaleur de l’été 2020 ont occasionné un peu plus de décès que les deux épisodes de canicule de 2019 (1900 contre 1500)

Par ailleurs, les comorbidités (maladies diverses) ont entraîné le décès de nombreux Français. Ces décès ont été attribués au Covid-19 sous le statut de “comorbidités” alors qu’ils auraient été liés à d’autres sources sans l’épidémie : cancer, maladies rares, etc. L’Ined souligne : “Une fraction d’entre elles seraient de toute façon décédées en 2020, même en l’absence d’épidémie de Covid-19.”

Autre point important : “la répartition par âge des décès dus à la Covid-19 est assez proche de celle de la mortalité générale. On a beaucoup dit que les personnes âgées étaient, de loin, les premières victimes de l’épidémie de Covid-19. C’est vrai, mais à peine plus que pour les autres causes de mortalité.” Le Covid-19 tue en “respectant” le schéma des décès connus jusqu’à présent.

Sources :

  • 2020 : une hausse des décès inédite depuis 70 ans, Insee Première, mars 2021
  • France 2020 : 68 000 décès supplémentaires imputables à l’épidémie de Covid-19, Ined, mars 2021.

Lire aussi :

Coronavirus : que fait-on des corps après le décès ?

Covid-19 et cancer : il y aura une surmortalité accrue à 5 ans

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

Share This
0
    0
    Mon panier
    Votre panier est videRetour à la boutique