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Ejaculation rétrograde : c’est quoi ? que faire ?

8 Mar. 2021

Après un orgasme, l’éjaculation chez l’homme se traduit le plus souvent par l’expulsion de sperme, ou liquide séminal. Ce dernier provient en grande partie des glandes prostatiques et des vésicules séminales. L’orgasme correspond à la sensation de plaisir et l’éjaculation suit… dans la majorité des cas. Mais parfois, il manque cette étape. Par exemple, l’aspermie (ou anéjaculation) est un orgasme sans aucune expulsion de liquide. L’hypospermie, est un autre cas de figure avec un très faible volume de sperme. Il existe également l’éjaculation dite rétrograde, à savoir une aspermie, mais caractérisée par la présence de sperme dans les urines, émises juste après l’éjaculation.

Aspermie ou éjaculation rétrograde ? Il existe souvent une confusion entre l’aspermie et l’éjaculation rétrograde : c’est un abus de langage. En effet, pour être sûr qu’il s’agisse bien de cette dernière, il faut avoir identifié des flocons de spermes qui flottent dans les urines ou avoir trouvé des spermatozoïdes dans les urines après une éjaculation, obtenue par coït ou masturbation. C’est seulement de cette manière qu’on peut en être certain. Sinon, on parle d’aspermie.

Les causes de l’éjaculation rétrograde

Les causes peuvent être multiples.

Les causes médicales : les principaux médicaments qui entrainent une éjaculation rétrograde sont les alphas bloquants utilisés dans les troubles urinaires en rapport avec un adénome de la prostate. Mais l’orgasme est bien présent. Ce trouble est parfaitement réversible à l’arrêt du traitement. Les antidépresseurs ou d’autres psychotropes peuvent par ailleurs entrainer une éjaculation retardée voir une absence d’éjaculation et d’orgasme.

Le diabète, les traumatismes médullaires, les neuropathies telles la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson sont aussi des vecteurs du problème.

Les causes chirurgicales : le  phénomène se produit après une intervention chirurgicale prostatique. C’est le cas après un cancer de la prostate. Après l’ablation de la prostate il n’y a plus de sécrétion de liquide séminal. Dans ce cas, le sphincter se relâche et on peut observer uniquement une expulsion d’urine : la climacturie.

L’éjaculation rétrograde (ou anéjaculation) peut également provenir d’une opération de l’adénome de la prostate. Par exemple si ce dernier obstrue les voies urinaires, on procède à ce qu’on appelle la résection endoscopique, une opération durant laquelle on retire la partie centrale (l’adénome) de la prostate. C’est d’ailleurs le cas le plus fréquent.

D’autres interventions chirurgicales peuvent provoquer des difficultés à expulser du sperme. C’est le cas lors de l’ablation des ganglions dans le cancer du testicule – le curage ganglionnaire. Souvent il se peut que certains nerfs soient détruits et empêchent toute émission de sperme.

“Il est important d’attirer l’attention des patients qui souhaitent avoir des enfants, sur l’importance de conserver leur sperme au sein d’un Centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme (CECOS) avant ce type d’opération. Une information éclairée est primordiale. Tous les urologues remettent à leurs patients des Fiches d’Informations proposées par l’Association Française d’Urologie et en libre téléchargement sur le site urofrance.org”, souligne le docteur Vincent Hupertan, chirurgien urologue.

Ejaculation rétrograde : traitements, solutions

Il n’y a pas de traitement pour résoudre l’anéjaculation. Pour les hommes jeunes, et s’il y a une éjaculation rétrograde prouvée par l’examen microscopique on peut essayer des traitements médicamenteux. Les alpha-stimulants peuvent être administrés mais uniquement en milieu hospitalier et dans le cadre d’un projet de fertilité.

Chez le blessé médullaire, le recueil de sperme est toujours possible par une électrostimulation prostatique qui permet de créer un réflexe pour obtenir du sperme. Elle se pratique auprès de spécialistes (urologues).

Dans l’anorgasmie coïtale il faut proposer une sexothérapie. “Il est indispensable de rassurer les patients. Orgasme et éjaculation sont deux phénomènes distincts qui se produisent en même temps. On peut toujours garder des sensations orgastiques intactes même si parfois, l’absence des sensations périnéales liées à l’éjaculation, peuvent créer un manque. Heureusement, grâce à la plasticité du cerveau, ce dernier va toujours trouver les moyens pour retrouver des sensations de plaisir….L’éjaculation n’est que l’expression visuelle du plaisir masculin, il est inutile de se focaliser dessus”, insiste le docteur Hupertan.

Source : interview du docteur Vincent Hupertan chirurgien urologue et auteur du livre L’encyclo pénis aux Editions Leduc.

Bibliographie et lien utiles :

  • Association Française d’urologie
  • Encyclopenis 

Lire aussi :

  • Prostate : les signes qui doivent alerter
  • Les troubles de l’érection sont-ils liés au tabac ?
  • Anorgasmie : un trouble sexuel méconnu

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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