Deuil périnatal : « avec la mort d’un bébé, on doit faire le deuil de l’avenir « 

16 Oct. 2020

Lucie Roger est psychologue clinicienne à Paris. Elle a travaillé douze ans à l’hôpital Robert Debré, dont huit années sur le pôle périnatalité, entre la maternité et la réanimation néonatale. Sur cette longue période, il lui est arrivé de nombreuses fois de suivre des familles meurtries par le décès d’un nourrisson. Une tragédie qui touche 2 millions de bébés chaque année dans le monde, selon les derniers chiffres de l’OMS. La mortalité périnatale se définit par la perte d’un bébé, qui peut intervenir avant la naissance. Le décès se situe entre la 22ème semaine de gestation (ou un foetus de 500 grammes) et jusqu’au 7ème jour de vie du nourrisson. Il peut s’agir d’une fausse couche spontanée, d’une mort foetale in utero, d’une réduction embryonnaire ou encore d’une interruption médicale de grossesse en cas de graves malformations ou pathologies (IMG).

Que signifie devenir parent dans notre société actuelle ?

Le fantasme de l’enfant imaginaire commence très tôt dans la pensée du petit enfant, et tout particulièrement du côté des filles. Lorsque l’enfant joue avec sa poupée, elle est dans une forme d’identification à la mère, idéalisée à ce moment-là. Elle s’imagine être la maman de ce bébé. En grandissant, l’enfant s’éloigne de ce rapport, avant de le voir davantage réactivé à l’adolescence. Le corps de l’enfant se transforme en jeune fille, et s’opère alors une possibilité d’imaginer la maternité. Donc depuis l’enfance, avoir un enfant est quelque chose de fantasmé, et parfois d’idéalisé.

Lors de la grossesse, cet idéal s’évanouit ?

La société nous met dans une forme de toute puissance face au désir de grossesse. Comme cette idée que dès l’arrêt de la pilule, la femme va tomber enceinte, et que le couple imagine pouvoir contrôler le moment où va arriver cette grossesse. D’ailleurs on peut rapprocher cela du fait que les femmes arrivent avec une grande joie de voir leur bébé lors des échographies, sans forcément avoir conscience du but de cet acte médical. Rappelons que l’échographie anténatale est en partie dédiée à la recherche d’une malformation éventuelle. Lorsque l’annonce d’un grave problème ou d’un décès tombe, tout s’effondre. C’est d’une violence extrême pour les parents, et c’est très difficile à annoncer pour les personnels médicaux, qui ne sont pas toujours formés à la question.

Le deuil périnatal est-il particulier ?

Lorsqu’un bébé décède, on fait le deuil de quelque chose qui appartient à l’avenir, et non au passé. Le deuil périnatal pleure un enfant qui n’a pour l’instant existé que dans l’imaginaire, qui n’a rien vécu dans la réalité. Mais la « parentalisation » se fait dès le début de la grossesse. Lorsqu’on attend un bébé, on est déjà parent. Et l’annonce de la perte du bébé vient interrompre, de façon extrêmement brutale et contre nature, ce processus de parentalisation. Cela demande donc de renoncer à cet enfant rêvé, cet enfant réparateur dont on a imaginé qu’il aurait une meilleure vie que nous, qu’il accomplirait tout ce que l’on n’a pas fait… Tout cela est rompu par le deuil périnatal.

Qu’en est-il de la reconnaissance des parents endeuillés ?

Quelque chose de particulièrement difficile s’ajoute à ce deuil : le manque de reconnaissance de l’entourage. On entend souvent des phrases telles que « tu es jeune tu auras d’autres enfants, tu ne l’as même pas connu, tu peux l’oublier… » Et bien souvent, les parents endeuillés témoignent d’une impossibilité d’en parler avec leur entourage, qui nie l’existence de cet enfant. Il y a quelque chose d’insupportable dans l’idée de perdre un bébé sur le point de naître, qui rend ce sujet encore extrêmement tabou. Les parents font souvent face à un déni de la part de leurs proches, et peuvent le vivre comme un abandon. Cette mort fait peur et fait fuir, elle est insurmontable et le nier permet de se protéger soi-même d’une réalité indicible. Les parents ressentent par ailleurs un immense sentiment de solitude et de vide laissé par cet enfant à naître, absent.

A l’échelle de la société aussi, le deuil périnatal est tabou ?

La société a du mal à reconnaître ce type de deuil.  D’ailleurs, il n’existe pas de nom pour les parents endeuillés. Lorsqu’on perd ses parents, on est orphelin, lorsqu’on perd son épouse, on est veuf, pour les parents qui perdent un bébé… rien. La perte d’un nourrisson est indicible. Une grossesse a pour but de donner la vie, non l’inverse. Il y a un déni énorme autour de la mort du bébé, c’est inimaginable. Il n’y a rien de plus illogique, tant pour les parents que pour la société toute entière. Perdre un bébé, c’est faire face à un grand vide : physique, psychologique mais aussi juridique : c’est une page barrée sur le livret de famille.

Quelle approche avez-vous avec des parents qui traversent un deuil périnatal ?

La première chose à savoir en cas de deuil périnatal, c’est que celui-ci commence toujours par un traumatisme, dès l’annonce des malformations ou de la mort du bébé. Il est essentiel de commencer par reconnaître la parentalité de la mère et du père, et de légitimer leur douleur, pour les aider à dépasser la sidération traumatique. Lorsqu’il y a un choc traumatique, les parents vivent une sorte d’arrêt de la pensée, c’est-à-dire une incapacité à élaborer. Le psy est là comme un contenant et un étayage pour permettre aux parents de vivre leur souffrance (étape essentielle du deuil), d’exprimer leur colère et leur sentiment d’injustice, et les aider à retrouver leurs ressources. Il est aussi important de rappeler aux deux parents qu’ils ne vivront peut-être pas le deuil de la même manière et ne se comprendront pas toujours. Mais que chacune de leur douleur a sa place. On accompagne les parents dans l’inscription de cet enfant au sein de la filiation.

Lire aussi :

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  • Qu’est-ce qu’un bébé médicament ?

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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