Dépistage du coronavirus : test neutralisant, PCR, sanguin… pour qui ?

28 Avr. 2020

SOMMAIRE :

  • Les tests de dépistage virologiques (nasaux-pharyngés)
  • Les tests virologiques rapides (salivaires)
  • Les tests de dépistage sanguins
  • Les tests sérologiques « de neutralisation »

A retenir :

  • En l’absence de vaccin, les tests dépistage sont une arme pour sortir du confinement. La sortie progressive de confinement, le 11 mai, impliquera de maintenir les capacités de réanimation des établissements de santé, tout en limitant la diffusion du virus. Mais en attendant de disposer d’un vaccin (pas avant 2021), qui nous apporterait une immunité durable, le déconfinement ne peut reposer que sur la prévention (gestes « barrière ») et sur les tests de dépistage.
  • La sortie du confinement progressive à partir du 11 mai, sera accompagnée par un dépistage massif avec un objectif de 700 000 tests par semaine, annonce Edouard Philippe ce 28 avril. Les personnes symptomatiques seront testées (tests virologiques PCR), ainsi que leurs contacts, puis invitées à s’isoler. Dans chaque département, des « brigades » seront chargées d’enquêter pour remonter les cas contacts et les inciter à se faire tester et à s’isoler si besoin. Les personnes testées positives auront le choix de s’isoler chez elles ou dans un hôtel réquisitionné.
  • « Nous allons apprendre à vivre avec le virus », a expliqué Edouard Philippe. Rappelons qu’actuellement, 6% Français seulement seraient immunisés. Du reste, comme le soulignait à ce même point du gouvernement, le Pr Florence Ader, infectiologue, on ne sait pas aujourd’hui si la maladie est immunisante, c’est à dire si une personne qui a contracté le coronavirus en est protégée par la suite, autrement dit si ses anticorps sont actifs contre le virus ?
  • Avoir des anticorps n’est pas la preuve que l’on est immunisé. Ce dernier point remet en question la pertinence des tests sérologiques classiques basés uniquement sur la recherche d’anticorps. 
  • Les tests « neutralisants » qui identifient les anticorps « actifs » pourraient nous aider. Dans ce contexte, l’Institut Pasteur a mis au point un deuxième type de tests, dits « de neutralisation ». Ces derniers décèlent uniquement la présence d’anticorps efficaces, dits « neutralisants » dans le sang, ce qui permet de déterminer si le système immunitaire a produit une réponse efficace. Ces tests pourraient être rendus accessibles aux particuliers après le feu vert des autorités, révèle Libération, ce 27 avril. En outre, ces tests seraient utiles pour préciser le taux d’immunité dans les zones très touchées par le virus. Un outil précieux pour accompagner le déconfinement. « Une seule machine de l’Institut Pasteur suffit pour analyser de 50 000 à 100 000 échantillons par semaine ». Reste un problème : ces analyses ne peuvent se faire que un laboratoire hautement sécurisé dit P3. Il faudrait donc multiplier ces centres sur le territoire.
  • Le gouvernement mise aussi sur les tests PCR, qui identifient la présence du virus. L’objectif de ces tests est de dépister les personnes symptomatiques, via les tests PCR (naso-pharyngés), y compris dans des « drive », puis d’isoler les malades chez eux ou dans des hôtels réquisitionnés afin de disposer d’une prise en charge médicale. Aujourd’hui, 25 000 tests sont effectués chaque jour, soit 175 000 par semaine. L’objectif du gouvernement est d’atteindre 500 000 tests par semaine d’ici le 11 mai. Le Premier ministre a par ailleurs indiqué que les cas contacts seront recherchés, selon une logistique forte et avec l’aide des outils numériques. 

Les tests de dépistage virologiques (nasaux-pharyngés)

Comment se fait le dépistage naso-pharyngé ?

Il s’agit d’un prélèvement nasopharyngé non invasif. Un écouvillon (sorte de long coton-tige) est inséré dans le nez du patient afin de récolter des cellules nasales profondes. Cela permet de détecter un brin d’ARN spécifique au Covid-19.

Objectif du test virologique (PCR) : détecter la présence du virus

Savoir si une personne est porteuse ou non du virus, d’où le nom de test « virologique ». Si le test est positif, la personne a du virus dans ses muqueuses. Si le test est négatif, la personne est soit guérie, soit pas encore atteinte. PCR pour Polymerase Chain Reaction, désigne la technique utilisée en laboratoire pour identifier l’ARN.

Durée d’analyse du prélèvement : 3 heures environ

Avantages et inconvénients :

Le résultat du test est obtenu relativement rapidement, ce qui permet -en cas de symptômes- d’être pris en charge rapidement. Mais cela implique de disposer de matériel (réactifs notamment), ce qui limite son déploiement à large échelle.

Pour qui ?

Ils sont réservés en priorité aux :

  • professionnels de santé symptomatiques,
  • personnes âgées symptomatiques,
  • personnes présentant des difficultés respiratoires sévères ou des comorbidités,
  • personnes hospitalisées.

Rappelons que depuis que la France est passée en stade 3, ces tests ne sont plus systématiques. C’est la stratégie choisie par la France, contrairement à d’autres pays, comme l’Allemagne. La raison avancée par le gouvernement ? « Tester tous les patients présentant des symptômes pourrait conduire à saturer la filière de dépistage alors que pour les cas graves et les structures collectives de personnes fragiles, le dépistage permet toujours de prendre des mesures immédiates. » Par exemple, si un patient hospitalité est diagnostiqué positif, il pourrait potentiellement contaminer d’autres malades. Le tester permet de l’isoler et de prévenir la diffusion du virus au sein de l’hôpital.

Où se faire dépister ?

  • Pour les patients diagnostiqués à l’hôpital ou avec signes de gravité, ces tests sont réalisés dans les hôpitaux. 
  • Pour les autres patients répondants aux critères de dépistage, il est possible d’être testé dans les laboratoires en ville, après contact du médecin traitant et sur prescription médicale. Les prélèvements sont réalisés à domicile. Il ne faut en aucun cas se rendre directement dans les laboratoires de biologie, mais les appeler au préalable, et seulement si on a une prescription médicale, car il existe un grand risque de contaminer d’autres malades, notamment les plus fragiles.

Rappelons que les patients non testés, sont diagnostiqués sur signes cliniques par un médecin. Ils se soignent à domicile, et sont suivis à distance par leur médecin.

Combien ils coûtent ?

Les tests PCR sont facturés par les laboratoires de ville 54 euros et sont réalisés sur prescription médicale. Ils sont remboursés à hauteur de 60% par l’Assurance maladie, comme tout test de biologie, la mutuelle (ou la CMUc) prend en charge les 40% restant.

Les tests virologiques rapides (salivaires)

Le CNRS a lancé le 11 avril une étude clinique visant à confirmer l’efficacité d’un nouveau test de dépistage virologique rapide. Leur intérêt par rapport aux tests actuellement utilisés (naso-pharyngés) c’est qu’ils sont encore plus rapides. Nommés EasyCov, ils sont aussi très simples à utiliser : « Il suffit de prélever de la salive, l’un des principaux vecteurs du virus, et de la placer avec les réactifs à 65°C pendant 30 minutes », explique le CNRS. C’est moins que la méthode de test de référence qui demande plusieurs heures de traitement en laboratoire et nécessite des équipements et réactifs importants. Les résultats de l’étude sont attendus pour fin avril.

Les tests de dépistage sanguins

Comment se fait le dépistage sérologique ?

Ils ne sont pas encore en fonction. Ils consistent en une prise de sang.

Objectif du test sérologique sanguin : détecter la présence d’anticorps (immunité)

Une sérologie est par définition un examen du sérum sanguin. Le sérologie consiste à détecter et étudier les anticorps spécifiques d’une pathologie et présents dans le sérum. Ces anticorps reflétant alors l’immunité de l’individu. Le principe : on met en contact une protéine du virus avec le sang du patient, s’il y a réaction, c’est que le patient a développé des anticorps contre le virus.

Pour le coronavirus, il s’agit de savoir si une une personne a développé des anticorps contre le virus SRAS-CoV2. Concrètement, si la personne a été malade (ou a juste rencontré le virus sans développer de symptômes) et a développé une immunité contre le virus.

Durée d’analyse du prélèvement : entre 10 et 20 minutes

Une entreprise bretonne, NG Biotech, se dit prête à commercialiser un test sanguin rapide, capable d’identifier en 15 minutes, à partir d’une goutte de sang prélevée au bout du doigt, les anticorps produits par l’organisme suite à une infection par le virus SARS6-CoV-2.

Avantages et inconvénients :

Le principal avantage, c’est que ce test est facilement déployable à grande échelle. Ce qui présente un intérêt : connaître l’immunité de la population (ou immunité collective) afin de savoir si on a 10 % ou 50% de la population qui est immunisée. « Si plus de 50% de la population est immunisée alors le virus s’éteindra de lui-même, faute de nouvelle cible en nombre suffisant », soulignait Olivier Véran lors d’une conférence de presse (28 mars). Pour résumer, plus la population est immunisée moins le virus est en capacité de se propager. Mais l’inconvénient, c’est que la fiabilité de ces tests est incertaine. De plus, la présence d’anticorps ne permet pas de dire si on est protégé ou non contre une nouvelle infection par le coronavirus.

Combien ils coûtent ?

Ces tests ne sont pas inscrits à la nomenclature et ne sont donc pas remboursés par l’Assurance maladie. Ils restent à la charge du patient ou des acteurs divers à travers des initiatives locales, tels que les mairies, département ou direction d’Ehpad. « De nombreux tests non validés circulent sur le marché, avec un prix oscillant entre 10 et 25 euros à l’unité pour les tests rapides au bout du doigt », explique au Figaro le Syndicat des Jeunes Biologistes Médicaux.

Les tests sérologiques « de neutralisation »

Comment se fait le dépistage sérologique ?

Par prise de sang en laboratoire.

Objectif du test sérologique de « neutralisation » : détecter l’efficacité des anticorps (immunité durable)

Le test de « séro-neutralisation » qui détecte les anticorps, comme un test sérologique classique, mais mieux : il mesure leur capacité à inhiber l’entrée du virus dans une cellule. Ce test renseigne ainsi sur l’efficacité des anticorps. « Comme il est très sensible, très spécifique contre le CoV2, ce test permet de graduer les résultats de la réponse immunitaire (fort neutralisant, faible ou non neutralisant) », explique au quotidien Libération, le virologue et directeur scientifique de Pasteur-TheraVectys, Pierre Charneau.

L’objectif de ces tests est double : identifier les individus vraiment protégés et mesurer le taux d’immunité réel des populations dans les zones très touchées par la pandémie.

Durée d’analyse du prélèvement : il faut 2 jours pour avoir le résultat.

Avantages et inconvénients :

Au contraire des tests sérologiques classiques, qui détectent les anticorps, mais sans savoir s’il s’agit bien d’anticorps protecteurs à long terme, les test neutralisants permettent de dire si l’immunité développée est durable et efficace. Un outil intéressant pour savoir si l’on est ou pas immunisé. Ces tests seraient en outre très fiables. Seul problème : leur analyse ne peut être pratiquée que dans un labo­ratoire hautement sécurisé dit P3 : ils ne peuvent donc pas être utilisés à grande échelle pour le moment. A moins de multiplier les centres sur le territoire de façon à obtenir un très haut débit d’analyses.

Est-ce que les tests de dépistage sont fiables pour l’instant ? Explications de Docteur Visseaux, virologue (AP-HP) dans cette vidéo PUMS

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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