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Covid-19 : les premiers cas du variant anglais détectés chez les animaux domestiques

23 Mar. 2021

Les premiers cas d’infection de chats et de chiens domestiques par le variant britannique du SRAS-CoV-2 ont été diagnostiqués dans un hôpital vétérinaire du Sud-Est de l’Angleterre. Surpris de voir un nombre inhabituellement important d’animaux domestiques atteints de myocardite dans leur clinique, les vétérinaires ont poussé les investigations. Ils ont découvert que de nombreux propriétaires de ces animaux avaient développé des symptômes respiratoires du Covid-19, 3 à 6 semaines auparavant, et qu’ils avaient été testés positifs au Covid-19.

“Aucun de ces animaux n’avaient d’antécédents cardiaques. Mais ils ont développé des manifestations cliniques atypiques, y compris des anomalies cardiaques sévères correspondant à une myocardite et une altération profonde de l’état de santé général (léthargie, absence d’appétit, syncope) mais n’ont présenté sans aucun symptôme respiratoire primaire” expliquent les vétérinaires sur le site BioRxiv. “Nos résultats démontrent pour la première fois la possibilité que les animaux de compagnie soient infectés par le variante B.1.1.7 du covid-19 et soulèvent des questions concernant ses effets chez les animaux” ajoutent-ils.

Par ailleurs, compte tenu de la forte transmissibilité du variant anglais chez l’Homme, la question se pose du rôle que les animaux de compagnie peuvent potentiellement jouer dans la flambée des cas.

Faut-il vacciner aussi les animaux domestiques ?

“La vaccination des animaux domestiques pourrait être nécessaire pour arrêter évolution du SARS-CoV-2” affirment des chercheurs de l’Université d’East-Anglia (Grande-Bretagne) et de l’Université du Minnesota, dans un article sur l’évolution et le contrôle des nouveaux variants du Covid-19 publié dans la revue de microbiologie Virulence.

S’il a été montré que les chats, les chiens ou encore les visons, peuvent attraper le covid-190, aucun transmission à l’Homme n’a encore été enregistrée. Mais l’apparition des variants pourrait changer la donne. “Nous devons être parés à toute éventualité et il serait logique de développer des vaccins pour les animaux e compagnie, à titre de précaution” souligne le Pr Cock van Oosterhout, principal auteur de l’article.

Les chats et les chiens peuvent-ils transmettre le covid ?

Les animaux domestiques, comme les animaux sauvages, ne jouent pas de rôle actif dans l’épidémie de Covid-19 : c’est ce qu’affirme l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) dans son expertise sur le rôle épidémiologique des animaux sauvages et domestiques dans le maintien et la propagation du virus en France.

Alors qu’une étude espagnole déclare que promener son chien augmente la probabilité de contracter le Covid-19 de 78 %, “la diffusion du virus est aujourd’hui le résultat d’une transmission interhumaine par voie respiratoire” rappelle l’Anses. Bref, ce n’est pas votre chien qui rapporte (et transmet) le virus de sa promenade mais plutôt vous qui l’aurez attrapé en discutant avec un autre promeneur de chien ou en oubliant tout simplement de vous laver les mains.

Les chats sont sensibles au virus…

La réceptivité au covid-19 est la capacité d’une espèce animale à héberger le virus sans forcément développer de symptômes. La sensibilité est la capacité de l’espèce animale à exprimer des signes cliniques et/ou des lésions dues au virus.

Parmi les espèces animales les plus répandues, les chats, les furets et les hamsters sont à la fois les plus réceptifs et les plus sensibles au Covid-19, avec une transmission intra-espèce, c’est-à-dire entre individus d’une même espèce, avérée. “En revanche, il n’existe à ce jour pas de données scientifiques mettant en évidence une transmission du SARS-CoV-2 depuis ces animaux vers une autre espèce” souligne l’ANSES..

… mais les chiens ne présentent pas de symptômes

Les chiens, comme les lapins, sont quant à eux réceptifs au SARS-CoV-2, mais leur sensibilité reste à confirmer. “Très peu de chiens ont développé des signes cliniques en condition naturelle au regard des niveaux d’exposition au virus pourtant très élevés (des milliers de personnes infectés par la COVID-19 ont été en contact étroit avec leur chien). Par ailleurs, les essais réalisés sur des chiens contacts n’ont pas permis de démontrer une transmission du virus entre eux” constatent les scientifiques.

Chez les chats comme chez les chiens, la survenue d’infections naturelles par le coronavirus intervient dans un contexte de forte pression virale, par contacts étroits avec leurs propriétaires atteints par la COVID-19. L’Anses recommande donc aux personnes atteintes par la COVID-19 “de respecter les gestes barrières afin de limiter les risques d’infection de l’Homme à l’animal, sans pour autant compromettre leur bien-être”. Autrement dit, on ne lave pas son animal de compagnie au gel hydroalcoolique !

Sources :

  • Myocarditis in naturally infected pets with the British variant of COVID-19, bioRxiv, mars 2021
  • COVID-19 evolution during the pandemic – Implications of new SARS-CoV-2 variants on disease control and public health policies, Virulence, 25 janvier 2021
  • Avis de l’Anses relatif au rôle épidémiologique éventuel de certaines espèces animales dans le maintien et la propagation du virus SARS-CoV-2, octobre 2020

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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