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Covid-19 : la HAS recommande le vaccin AstraZeneka aux moins de 65 ans

2 Fév. 2021

Les vaccins anti-Covid arrivent sur le marché les uns après les autres. Après ceux de Pfizer/BioNTech et de Moderna, celui d’AstraZeneka vient d’être validé par la HAS, qui estime son efficacité « satisfaisante » (autour de 60 à 70 %). Mais, elle ne le conseille pas aux plus de 65 ans, en raison d’un manque de données dans cette tranche d’âge dans les essais cliniques.

Elle suit donc la commission allemande, qui a également limité ce vaccin aux moins de 65 ans.

En attendant l’arrivée de nouvelles données prochainement, la HAS recommande le vaccin à deux populations prioritaires :

-Tous les professionnels de santé et du médico-social, y compris de ville, car très exposés, soit 3 à 4 millions de personnes.

-Les personnes entre 50 et 65 ans, en commençant par celles qui présentent des comorbidités, soit 13 millions de personnes dont 4 millions avec facteurs de risque.

Par ailleurs ce vaccin étant plus facile à conserver et à transporter, la HAS recommande que les pharmaciens et sage-femmes puissent vacciner, en plus des médecins et infirmiers.

La HAS estime que ce vaccin est bien toléré, à l’exception de problèmes d’allergies mineurs, qui nécessitent comme pour les vaccins à ARN, une surveillance pendant 15 minutes après l’injection. Elle souligne encore qu’il ne faut pas changer de vaccin entre deux doses.

Deux livraisons des vaccins de Moderna sont prévues sur février, la première cette semaine et la deuxième en fin de mois, indique ce lundi le ministère de la Santé. Ils pourraient ensuite commencer à être injectés à la mi-février en France.

« Le fait d’être vacciné ne doit pas faire baisser la garde, souligne la HAS, car, explique-t-elle, on n’a toujours pas de preuve qu’il empêche la contagion ». Conclusion : même vacciné, on garde le masque et on maintient les règles de distanciation sociale.

6 choses à retenir sur le vaccin AstraZeneka :

  • Son efficacité (entre 60% et 70%) est inférieure à celle des deux vaccins ARN (95%), mais équivalente à celle de la grippe. Par ailleurs, les données d’efficacité sont pour l’instant limitées chez les personnes plus âgées.
  • Selon les données publiées dans la revue scientifique The Lancet, la vaccin est « sûr ». Les effets indésirables recensés ont été extrêmement rares lors de l’essai clinique. Mais, plus d’informations sont attendues au regard de la faible proportion de participants âgés dans l’essai.
  • C’est un vaccin à vecteur viral, c’est à dire qu’il utilise un adénovirus, inactivé pour devenir inoffensif et modifié génétiquement afin qu’il soit capable de produire la protéine « S » ou Spike qui se trouve à la surface du SARS-CoV-2. En injectant le vaccin, l’objectif est de déclencher une réponse immunitaire dirigée contre ces protéines de surface afin de produire des anticorps.
  • Son avantage : il est moins fragile, donc plus facile à conserver et à stocker, dans des conditions classiques (entre 2°C et 8°C au réfrigérateur), pendant au moins 6 mois. Conséquence : une chaîne d’approvisionnement simple, qui permettra de le stocker en pharmacie donc de faciliter sa distribution.
  • Le délai entre les deux doses peut aller jusqu’à 12 semaines.
  • Ce vaccin utilise une technologie plus traditionnelle, ce qui le rend moins coûteux.

SOMMAIRE :

  • Vaccin Pfizer/BioNTech (USA, Allemagne)
  • Vaccin Moderna (USA)
  • Vaccin AstraZeneka/Université d’Oxford (Royaume-Uni)
  • Vaccin Johson&Johson – Janssen (USA)
  • Vaccin Sanofi (France, Royaume-Uni)
  • Vaccin CureVac (Allemagne)
  • Vaccin Novavax (USA)
  • Vaccin Gameleya Research Institute, Spoutnik V (Russie)
  • Vaccins chinois Sinovac Biotech, CanSino, China Biotics, Sinopharm

En résumé :

  • L’Agence européenne des médicaments (AEM), la Commission européenne et la HAS en France ont autorisé la commercialisation de deux vaccins à ARN (Pfizer/BioNTech et Moderna efficaces à 95%). La campagne de vaccination a démarré en France le 27 décembre.
  • D’ici au 1er juillet, la France a sécurisé l’achat de 67,9 millions de doses auprès de 5 laboratoires : BionTech/Pfizer : 16,4 millions, AstraZeneca : 27,9 millions, Moderna : 6,9 milllions, Curevac : 8,3 millions, Janssen : 8,4 millions. Les livraisons se font au fil de l’eau, et compte tenu d’ajustements tenant aux discussions avec la commission européenne et les industriels.

Vaccin Pfizer/BioNTech (USA, Allemagne)

-Stade – Autorisation de mise sur le marché

  • L’Agence européenne du médicament a autorisé sa commercialisation ce 21 décembre et la HAS le 24 décembre.

-Efficacité annoncée : 95 %

C’est une bonne nouvelle : le vaccin développé par le géant pharmaceutique américain Pfizer, partenaire du fabricant de médicaments allemand BioNTech, est efficace à 95%, c’est à dire que les personnes vaccinées ont 95% de risque en moins de contracter le Covid-19. Les résultats complets des essais cliniques ont été publiés le 10 décembre dans la revue américaine, le New England Journal of Medicine. Selon les experts indépendants qui ont analysé les résultats, le vaccin a une efficacité similaire quels que soient l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le poids ou la présence de pathologies. Cela confirme les résultats annoncés par le laboratoires.

Quel est le résultat ? Dans cet essai de phase 3, sur un panel de 43 661 patients répartis dans 150 lieux dans le monde, 170 personnes sont tombées malades dans chaque groupe : 162 dans le groupe placebo et seulement 8 dans le groupe vacciné. Parmi ces personnes contaminées, 9 cas sévères ont été observés dans le groupe placebo, et seulement 1 dans le groupe vacciné.

-Doses commandées par l’Europe : 200 millions

Le 9 septembre, la Commission européenne avait annoncé avoir trouvé un accord préliminaire pour obtenir 200 millions de doses d’un potentiel vaccin contre le coronavirus développé par BioNTech/Pfizer, avec l’option d’en acquérir 100 millions de doses supplémentaires. L’approvisionnement en vaccins pour l’UE serait assuré par les sites de production de BioNTech en Allemagne et de Pfizer en Belgique.

-Principe du vaccin : vaccin à ARN

Il s’agit du premier vaccin à base d’ARN messager (ARNm). Une fois injecté, l’ARN m entre à l’intérieur des cellules sans s’intégrer au génome. Il donne alors l’instruction aux cellules de produire la protéine S (protéine « spike »), présente à la surface du SARS-CoV-2. La présence de cette protéine S étrangère pour l’organisme, active le système immunitaire. En savoir plus : On vous explique ce qu’est un vaccin à ARN.

-Conservation : moins 70°C

Le vaccin développé par Pfizer et BioNTech est peut-être le plus avancé mais il est contraignant : il doit être conservé à très basse température. La raison ? L’ARN messager (ARN m) qu’il contient est très fragile et peut se détériorer si la température dépasse les -70°C. La logistique n’est pas simple : peu de congélateurs peuvent atteindre une température si basse. Cela nécessite de disposer des congélateurs ultra-sophistiqués et coûteux.

Une fois sortis des congélateurs, les vaccins doivent être placés dans des boîtes contenant jusqu’à 5 000 doses et réfrigérées par de la neige carbonique. Les -70°C peuvent alors être maintenus pendant dix jours. Ces boîtes sont équipées de capteurs de température qui sonnent l’alerte si la température monte trop à l’intérieur.

Une fois décongelés, ils doivent être utilisés rapidement : ils se conservent seulement 5 jours dans un réfrigérateur.

-Administration : 2 doses injectées à 21 jours d’écart.

Il est néanmoins possible de différer la deuxième injection du vaccin Pfizer (le rappel du vaccin), jusqu’à six semaines au lieu de trois pour disposer de davantage de doses tout de suite, a indiqué Olivier Véran le 7 janvier, se référant à la recommandation de l’Agence du médicament (ANSM) et à celle de la HAS.

-Effets indésirables

Selon la FDA, des effets indésirables « modérés » ont été signalés, ils ne duraient en moyenne que quelques jours :

  • Les réactions locales au niveau du site de l’injection (chez 84,1 % des patients),
  • La fatigue (chez 62,9 % des vaccinés),
  • Les maux de tête (55,1 %),
  • Les douleurs musculaires ou myalgies (38,3 %),
  • Les frissons (31,9 %),
  • Les douleurs articulaires ou arthralgies (23,6 %),
  • La fièvre (14,2 %).

Le vaccin Pfizer est par ailleurs déconseillé aux allergiques : selon la HAS, l’utilisation du vaccin chez les personnes présentant des antécédents d’allergies graves de type anaphylactique, compte-tenu des cas rapportés en Grande-Bretagne et en attente de données complémentaires, n’est pas recommandée. Elle recommande de surveiller attentivement les sujets vaccinés pendant au moins 15 minutes après la vaccination.

Une personne sur environ 100 000 a manifesté une réaction allergique grave après avoir reçu une dose du vaccin de Pfizer-BioNTech contre le coronavirus, ont annoncé  les autorités sanitaires américaines, soulignant que les bénéfices de la vaccination étaient bien supérieurs aux risques potentiels. Le chiffre a été calculé par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui ont recensé 21 cas de chocs anaphylactiques, une réaction allergique grave, sur un total de 1 893 360 injections du vaccin effectuées entre le 14 et le 23 décembre. Soit un taux de 11,1 chocs anaphylactiques par million de doses administrées.

Vaccin Moderna (USA)

-Stade – Autorisation de mise sur le marché

  • L’Agence européenne du médicament a approuvé le vaccin ce 6 janvier et la HAS le 8 janvier. Le vaccin Moderna peut être utilisé « chez les personnes de 18 ans, y compris les plus âgées et celles présentant des comorbidités du fait de son efficacité équivalente à celle du vaccin Pfizer et de son profil de tolérance globalement satisfaisant », selon la HAS.

D’ici à fin juin, ce sont près de 8 millions de doses qui sont attendues pour le vaccin Moderna, selon le ministère de la Santé. Plus de 50 000 doses ont déjà été livrées le 11 janvier. Ces doses vont bénéficier « en priorité aux régions dans lesquelles l’épidémie est la plus active », précise un communiqué de presse du 10 janvier, à savoir : Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Voici ce qu’il faut retenir sur le vaccin Moderna :

  • Il a une efficacité équivalente à celle de Pfizer (94% pour Moderna, 95% pour Pfizer)
  • Il s’agit du deuxième vaccins à ARN messager mis sur le marché, après celui de Pfizer.
  • Le vaccin s’administre selon un schéma vaccinal en 2 doses, espacées de 28 jours.
  • Les profils de tolérance du vaccin Moderna et de celui de Pfizer sont proches : douleur au point d’injection et rares effets secondaires sévères.
  • Comme pour Pfizer, on ne sait pas si ce vaccin a un effet sur la transmission du virus. C’est pourquoi la HAS insiste sur le maintien des gestes barrières et de distanciation sociale pour les personnes vaccinées.
  • Point positif : les conditions de conservation du vaccin Moderna sont moins contraignantes que celles de Pfizer car il peut être stocké dans un congélateur classique pendant 7 mois puis conservé 30 jours entre 2°C et 8°C et enfin rester 12 heures entre 8°C et 25°C avant injection. Pour rappel celui de Pfizer peut rester 6 mois à très basse température (-90°C à -60°C) et seulement 5 jours dans un réfrigérateur.
  • L’autorisation est validée pour les plus de 18 ans (16 ans pour Pfizer).
  • La voie d’injection est intra-musculaire (et non sous-cutanée) comme pour le vaccin Pfizer.
  • La HAS recommande 15 jours entre l’administration de deux vaccins différents, par exemple entre le vaccin contre la grippe et le vaccin anti-Covid.
  • Il existe peu de contre-indications pour ce nouveau vaccin selon la HAS, à part une vigilance pour le risque allergique : les personnes ayant fait des allergies graves de type anaphylactique et celles allergiques à l’un des composants du vaccin doivent être écartées. La HAS recommande de surveiller étroitement les sujets vaccinés pendant au moins 15 minutes après la vaccination. Par ailleurs, étant donné qu’il n’existe pas de données chez les femmes enceintes pour le vaccin Moderna, la HAS ne le recommande pas pendant la grossesse (comme pour Pfizer).

-Efficacité annoncée : 94 %

La FDA, l’agence sanitaire américaine, a rendu public, mardi 15 décembre, un rapport très favorable. Les investigateurs confirment ce qu’avait annoncé le communiqué de la firme à l’issue des essais de phase 3 menés sur 30 000 volontaires, à savoir une efficacité de 94,1 %. Les données ont été analysées après que 196 cas Covid-19 ont été identifiés, dont 30 graves. Parmi ces cas de Covid-19, 185 appartenaient au groupe placebo et 11 au groupe vacciné. Aucun cas sévère n’a été identifié parmi les volontaires qui avaient reçu le vaccin.

L’efficacité apparaît légèrement plus faible parmi les personnes de plus de 65 ans, mais elle reste très élevée : 86 %. Point faible néanmoins, les données ne sont pas suffisantes pour évaluer l’efficacité de ce vaccin chez les plus de 75 ans (effectif trop faible).

Atout non négligeable, même si cela reste à confirmer, le vaccin semble prévenir non seulement la maladie mais l’infection.

La durée de protection n’est pas établie. Ce que l’on sait c’est que le vaccin confère au moins trois mois d’immunité. En effet, il a produit des anticorps persistant 90 jours après la vaccination, selon des données provisoires sur la durabilité de l’ARNm-1273 dans le cadre d’une étude de phase 1, menée chez 34 participants et publiée jeudi 3 décembre dans la revue médicale The New England Journal of Medicine.

Enfin, le vaccin anti-Covid de Moderna « conserve une activité neutralisante contre les variants émergents identifiés pour la première fois au Royaume-Uni et en République d’Afrique du Sud », annonce le laboratoire dans un communiqué (25 janvier).

-Doses commandées par l’Europe : 160 millions

La Commission européenne a annoncé avoir pré-commandé 160 millions de doses.

-Principe du vaccin : vaccin à ARN

Il s’agit d’un vaccin à ARN messager (l’ARNm-1273), une technologie innovante qui consiste à injecter un fragment du code génétique du virus pour induire une réponse immunitaire. Moderna a pris rapidement de l’avance et débuté dès la fin juillet les essais de tolérance chez l’homme, menés en partenariat avec le NIH (National Institute of Allergy and Infectious Diseases).

-Conservation : moins 20°C, réfrigérateur

A la différence du vaccin de Pfizer, celui de Moderna repose sur des ARN plus stables, donc les conditions de conservation ne sont pas aussi contraignantes : il se conserve jusqu’à six mois dans un congélateur, à -20 °C, puis jusqu’à trente jours dans un frigo « normal », alors que celui de son confrère nécessite une température de moins 70 degrés, donc des congélateurs spéciaux.

-Administration : 2 doses injectées à 28 jours d’écart.

-Effets secondaires :

Les vaccins à ARN messagers sont connus pour susciter des réactions, comme des maux de tête, de la fatigue, quelques douleurs, mais pas d’effets secondaires graves. Moderna, dans sa communication, déclare 8,9 % de myalgie (douleurs musculaires), 9,7 % de fatigue et 4,5 % de maux de tête. Les évaluateurs de la FDA observent une très forte réactogénicité, à savoir un effet secondaire local dans les jours qui suivent l’injection. En effet, 94 % des personnes vaccinées ont fait état de réactions locales (douleurs au point d’injection, rougeurs) ou systémiques (fatigue, maux de tête, douleurs musculaires ou articulaires…). Aucun effet secondaire sévère n’a néanmoins été attribué au vaccin. Son rôle apparaît juste établi dans un cas de nausées persistantes et dans deux cas de réactions inflammatoires au visage chez des femmes ayant subi des injections cosmétiques. Les experts ignorent encore s’il existe un lien de causalité entre le produit et trois cas de paralysie faciale, dite « de Bell », mais ils recommandent une surveillance.

Vaccin AstraZeneka/Université d’Oxford (Royaume-Uni)

-Stade : autorisation par l’Agence européenne du médicament le 29 janvier / attente de l’autorisation HAS

Il est déjà autorisé au Royaume-Uni.

-Efficacité annoncée : 70%

Le 8 décembre, le laboratoire annonce que son vaccin est devenu le premier à voir ses résultats d’efficacité validés par une revue scientifique, en l’occurrence The Lancet. Les résultats confirment que ce vaccin est efficace à 70% en moyenne, conformément à ce qu’avait annoncé le laboratoire le 23 novembre dernier dans un communiqué. AstraZeneka y communiquait les résultats préliminaires de la phase 3 menée sur plus de 20 000 volontaires au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du Sud ou encore aux Etats-Unis.

On y apprend que l’efficacité varie selon la dose de vaccin :

  • L’efficacité est de 90% pour un premier échantillon de personnes qui ont reçu une demi-dose puis une dose un mois plus tard.
  • A l’inverse, elle n’est que de 62% pour un autre groupe qui a reçu deux doses en tout avec un mois d’écart. 

Soit une efficacité de 70% en moyenne.

Pourquoi cette différence ? Selon le directeur général du laboratoire britannique, la différence de résultats viendrait de deux protocoles différents et l’injection de la demi-dose serait en fait liée à une erreur. C’est ce qui explique que seuls 3 000 patients aient suivi ce protocole.

Toutefois, comme les résultats semblent montrer que ce premier schéma d’injection (une demi-dose, puis une dose) entraîne une meilleure réponse immunitaire, il faut maintenant poursuivre l’étude sur un plus grand nombre de personnes.

Rappelons que l’essai avait été stoppé à deux reprises, une fois après le décès d’un volontaire au Brésil fin octobre, non lié au vaccin puisque la victime avait reçu un placebo. De plus, l’essai avait été suspendu en septembre en raison de l’apparition d’une maladie « inexpliquée », avant de reprendre après que la Medicines Health Regulatory Authority (MHRA), un comité d’experts indépendants, ait donné son feu vert.

-Doses commandées par l’Europe : 400 millions

L’Europe a signé un accord avec AstraZeneca pour garantir la fourniture à l’Union européenne de 400 millions de doses d’un futur vaccin contre le Covid-19.

Au niveau mondial, AstraZeneca dit avancer rapidement dans la fabrication prévue de 3 milliards de doses, qui seront disponibles en 2021.

-Principe du vaccin : vaccin à vecteur viral

Ce vaccin (AZD 1222) actuellement développé par le laboratoire anglais Astra Zeneka en partenariat avec l’Université d’Oxford est l’un des projets occidentaux les plus avancés. Il repose sur une technique appelée ChAdOx1.

Les chercheurs s’appuient sur la technique du virus vecteur inoffensif (appelée aussi technique du « virus-cargo »). Pour ce faire, ils utilisent un adénovirus  (un virus de rhume constitué d’ADN), avant de l’inactiver pour modifier son code génétique dans le but de produire -une fois dans le génome des cellules- les protéine « S » qui se trouvent à la surface du SARS-CoV-2. En injectant le vaccin, l’objectif est de déclencher une réponse immunitaire contre ces protéines de surface.

-Conservation : entre 2°C et 8°C, au réfrigérateur

Point positif: le vaccin utilise une technologie plus traditionnelle que Pfizer, ce qui le rend moins coûteux et plus facile à stocker puisqu’il n’a pas besoin d’être conservé à très basse température. Grâce à une « chaîne d’approvisionnement simple », le vaccin « sera accessible et disponible à travers le monde », estime Pascal Soriot, directeur général d’AstraZeneca.

-Administration : 2 doses à 28 jours d’écart

Vaccin Johson&Johson – Janssen (USA)

-Stade : phase 3

Le 12 octobre dernier, le laboratoire Johnson & Johnson, la maison mère de Janssen Pharmaceutica, avait été contraint d’interrompre temporairement les essais cliniques de son vaccin expérimental contre le Covid-19, démarré fin septembre, en raison d’une maladie inexpliquée chez un participant », précisant que ces événements indésirables graves sont « une composante attendue de toute étude clinique, spécialement les études d’ampleur ».

Comme le veut le process, un comité indépendant pour la sécurité des patients avait été saisi pour déterminer les causes de l’état de santé du participant.

Ce 8 décembre, le laboratoire annonce viser le mois de janvier pour des résultats de la phase 3 sur l’efficacité et la sûreté.

-Efficacité annoncée : ?

L’efficacité est pour l’heure indéterminée. Les premiers résultats des tests de phase 1/2 menés sur le candidat-vaccin développé par Johnson&Johnson avaient été publiés dans la revue Nature fin juillet. Ils montraient que le vaccin expérimental, basé sur un vecteur adénovirus (Ad26.COV2.S) induit une réponse immunitaire « robuste ».

-Doses commandées par l’Europe : 200 millions

-Principe du vaccin : vaccin à vecteur viral

Il s’agit du même principe que le vaccin développé par AstraZeneka. Ici, l’objectif est d’injecter un virus inoffensif que l’on appelle « vecteur viral ». Celui-ci transporte un fragment d’ADN codant pour la protéine de surface du SARS-CoV-2, la protéine Spike. Une fois arrivé dans les cellules, le vecteur viral produit donc la protéine S. La présence de celle-ci va activer le système immunitaire.

-Conservation : entre 2°C et 8°C, au réfrigérateur

-Administration : 1 ou 2 doses à 56 jours d’écart

Vaccin Sanofi (France, Royaume-Uni)

-Stade : phases 1/2 – entrée en phase 3 envisagée en février 2021

Les laboratoires français Sanofi et britannique GSK ont annoncé -via un communiqué- vendredi 11 décembre, que leur vaccin contre le Covid-19 ne sera prêt qu’à la fin de 2021, après des résultats moins bons qu’espérés des premiers essais cliniques. Ce retard est dû à une réponse immunitaire insuffisante chez l’adulte.  Ils envisagent désormais sur une mise à disposition du vaccin au quatrième trimestre l’an prochain.

-Principe du vaccin : vaccin à protéine virale recombinante

Le Français Sanofi et le laboratoire britannique GSK avancent en duo sur un candidat-vaccin. Sanofi développe un vaccin qui utilise une protéine recombinante déjà employée pour produire un vaccin contre la grippe saisonnière et GSK apporte son expertise sur le développement de l’adjuvant (élément ajouté au vaccin pour améliorer son efficacité pour une moindre dose). Le principe ? des protéines Spike sont isolées du virus et injectées dans les cellules, ce qui active le système immunitaire.

L’essai clinique de phase 1/2 a démarré début septembre, avec au total, plus de 400 participants recrutés. Un passage en phase 3 était prévu à la fin de 2020, pour une fabrication annoncée d’un milliard de doses en 2021. Cette étape est donc retardé.

-Conservation : réfrigérateur

-Administration : 2 doses injectées à 21 jours d’écart.

Le 15 octobre, le groupe pharmaceutique français a par ailleurs annoncé des résultats positifs chez l’animal (souris et primate) d’une deuxième vaccin à ARN (MRT5500). « L’évaluation préclinique du MRT5500 a montré en particulier qu’il était capable de déclencher la production d’anticorps neutralisant le SARS-CoV-2 », selon Sanofi, qui espère commencer les essais cliniques à la fin de l’année.

Vaccin CureVac (Allemagne)

-Stade : entrée imminente en phase 3, vaccin attendu pour la fin 2021

Le laboratoire pharmaceutique allemand Curevac a annoncé ce 14 décembre le lancement de la troisième et dernière phase d’essais cliniques à grande échelle en vue de l’autorisation de son vaccin contre le Covid-19. L’étude, à grande échelle, doit être menée en Europe et en Amérique du Sud sur « plus de 35.000 participants« , affirme l’entreprise.

-Efficacité annoncée : ?

A ce stade, elle est indéterminée. La deuxième phase d’essais cliniques a été lancée fin septembre par le laboratoire allemand, avec une étude menée au Pérou et au Panama sur 690 volontaires. Les résultats de ces essais ne sont pas encore connus mais devraient être publiés au cours du quatrième trimestre 2020, selon Curevac.

-Doses commandées par l’Europe : 235 millions

-Principe du vaccin : vaccin à ARNm

Comme ses concurrents Pfizer et Moderna, le vaccin des laboratoires CureVac utilise la technologie de l’ARN messager.

-Conservation : -20°C pendant 3 mois

-Administration : 2 doses à 28 jours d’écart

Vaccin Novavax (USA)

Jeudi 24 septembre, la société américaine de biotechnologie Novavax a annoncé qu’elle avait commencé au Royaume-Uni un essai clinique de phase 3 de son vaccin expérimental. L’essai a pour objectif d’inclure 10 000 participants. « En raison du haut niveau actuel de transmissions de SARS-CoV-2, et étant donné qu’il continuera probablement à être élevé au Royaume-Uni, nous sommes optimistes quant à un recrutement rapide, ce qui permettrait d’obtenir des résultats à court terme de l’efficacité », du vaccin de Novavax, a déclaré dans un communiqué Gregory Glenn, directeur de la recherche et du développement.

Novavax a reçu plus de 1,6 milliard de dollars d’argent public américain pour financer la production de 100 millions de doses.

Vaccin Gameleya Research Institute, Spoutnik V (Russie)

« Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré » (…) « je sais qu’il est assez efficace, qu’il donne une immunité durable ». Cette annonce le 11 août dernier de Vladimir Poutine, qui assurait même que sa fille se l’était fait inoculer, avait fait grand bruit et suscité les doutes de la communauté scientifique mondiale. Le porte-parole de l’OMS Christian Lindmeier avait alors précisé que la Russie n’avait rien transmis « d’officiel ».

Ce n’est que début septembre que les chercheurs du Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa ont publié les résultats des phases 1 et 2 de l’essai clinique dans The Lancet. Ce candidat-vaccin, Spoutnik V, entraînerait bien une réponse immunitaire forte sans effet secondaire majeur. Parmi les points d’interrogation, le suivi de très courte durée (42 jours) des participants et les profils des volontaires qui ne seraient pas homogènes. En phase 2, les participants seront suivis au moins jusqu’à J80 et portera sur 40 000 volontaires de différents groupes d’âge et de risque.

Ce vaccin repose -comme pour celui développé par Astra Zeneka – sur l’injection d’un virus vecteur inoffensif.

Cette technique a d’ailleurs est également utilisée dans le cadre de la recherche d’un vaccin contre Ebola. Le principe est d’injecter non pas un virus SARS-CoV2 atténué, mais un autre virus, un adénovirus modifié, pour apprendre à l’organisme à combattre le coronavirus. L’adénovirus est en effet capable, une fois dans l’organisme, de synthétiser des protéines dites « S » présentes à la surface des SRAS-CoV-2. Ainsi le système immunitaire apprend à reconnaître cette protéine de surface et à la combattre.

Vaccins chinois Sinovac Biotech, CanSino, China Biotics, Sinopharm

Quatre vaccins candidats développés par quatre laboratoires localisés en Chine sont entrés en phase 3.

Le laboratoire chinois Sinovac Biotech fait partie des plus avancés. Il travaille sur un vaccin appelé Coronavac. Ce même laboratoire est le premier au monde à avoir mis sur le marché (en 2009) un vaccin contre la grippe porcine H1N1. Ce 17 novembre, une étude préliminaire publiée dans The Lancet confirme que le vaccin entraîne bien une réponse immunitaire, mais sans préciser le pourcentage d’efficacité. En outre les conclusions portent sur les phases 1 et 2 donc sur « seulement » 700 volontaires. Pour être certain que CoronaVac est efficace, il faudra attendre la fin de la phase 3, qui a débuté en septembre.

Bien que ce vaccin n’ait pas été approuvé commercialement, il est déjà proposé dans la province chinoise de Zhejiang après avoir obtenu une autorisation d' »utilisation d’urgence », auraient annoncé le 15 octobre les autorités. Ces vaccinations d’urgence sont recommandées en priorité aux habitants les plus exposés, comme le personnel médical, les personnes en contact avec le public, les douaniers ou encore les voyageurs devant se rendre dans des pays à risque.

L’enjeu pour la Chine, au-delà de prouver l’efficacité d’un vaccin est de montrer qu’elle peut le produire à grande échelle.  De plus, elle doit tester son vaccin sur des milliers de patients alors même que l’épidémie est quasi éteinte sur le sol chinois. C’est pour cette raison, que l’essai de phase 3 a débuté fin juillet au Brésil, deuxième pays le plus touché au monde. Au total, le vaccin doit être injecté à 9 000 volontaires dans six états brésiliens.

Outre Sinovac, Pékin a approuvé l’essai clinique de trois autres vaccins expérimentaux : l’un lancé par l’Ecole militaire des sciences médicales et le groupe de biotechnologie CanSino ; l’autre par l’Institut de produits biologiques de Wuhan avec Sinopharm et un dernier par le groupe China Biotics.

Le candidat vaccin développé par l’Institut des produits biologiques de Wuhan avec Sinopharm, fait l’objet d’une approbation pour un usage limité. Il s’agit d’un vaccin à virus inactivé. L’étude de phase 1-2 a montré « un faible taux d’effets indésirables » et une production d’anticorps chez les volontaires. La phase 3 est lancée depuis le 14 septembre, avec près de 5 000 volontaires aux Emirats arabes unis, et 2 000 autres au Pérou.

EN VIDEO : La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé ce mardi 24 novembre un contrat avec la société américaine Moderna pour fournir jusqu’à 160 millions de doses de vaccin contre le Covid-19, c’est le sixième conclu par l’UE avec un laboratoire pharmaceutique.

En France, l’Institut Pasteur a par ailleurs annoncé qu’il stoppe le développement d’un de ses candidats vaccins, celui basé sur le virus du vaccin contre la rougeole. Pourquoi ? Cela fait suite à l’examen des résultats intermédiaires obtenus dans le cadre d’essais de phase 1, engagés depuis août dernier. « Le candidat vaccin a été bien toléré, mais les réponses immunitaires induites se sont avérées inférieures à celles observées chez les personnes guéries d’une infection naturelle ainsi qu’à celles observées avec les vaccins autorisés contre le SARS-CoV-2/Covid-19 », précise Pasteur dans un communiqué diffusé ce 25 janvier. L’Institut Pasteur poursuivra toutefois le développement d’autres candidats vaccins arrivés en fin de phase préclinique (un vaccin à ADN, un vaccin administrable par voie nasale).

Lire aussi :

  • Vaccins: le point sur les tests en France
  • Qu’est-ce qu’un certificat électronique de vaccination ?
  • Fichier vaccin Covid : c’est quoi ? 

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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