Covid-19 et immunité croisée : non, les simples rhumes ne peuvent (finalement) pas nous protéger

6 Juil. 2020

A retenir :

  • Coronavirus (Covid-19) et immunité : selon une modélisation mathématique de l’Institut Pasteur, le coronavirus aurait contaminé moins de 5 % de la population depuis le début de l’épidémie de coronavirus, loin de l’immunité collective estimée au départ à 60 ou 65%. 
  • Des chercheurs américains estiment cependant que 40 à 60 % de la population pourrait être immunisée grâce à l’immunité croisée.
  • Mais selon une nouvelle étude de l’Institut Pasteur, ce n’est pas une bonne piste : être infecté par les rhume saisonniers (qui sont des coronavirus) ne protège pas de l’infection par le Covid-19.
  • Certains chercheurs estiment cependant que l’immunité collective nécessaire pour stopper l’épidémie se situerait plutôt entre 10 et 20%.
  • La présence d’anticorps est par ailleurs prouvée, chez les patients infectés par le coronavirus, qu’ils soient gravement atteints ou qu’ils ne développent que de légers symptômes.

L’immunité croisée pourrait-elle nous aider à atteindre l’immunité collective ? 

Le saviez-vous ? Les rhumes font partie de la famille des coronavirus. Partant de là, des chercheurs ont posé l’hypothèse que notre système immunitaire exposé à des rhumes par le passé garde en mémoire le souvenir de ce contact avec le virus et est ainsi capable de combattre d’autres virus proches. En somme, cela revient au principe de la vaccination. Des chercheurs américains de l’Université de Californie, à San Diego ont publié fin mai 2020 une étude dans la revue Cell. Selon eux, grâce à ce mécanisme de défense de l’organisme, appelée « immunité croisée », 40 à 60 % de la population pourrait être immunisée contre le Covid-19.

Cela pourrait expliquer pourquoi une partie de la population ne développe pas le Covid-19, ou avec des symptômes très faibles, après avoir croisé le virus, alors que d’autres, au contraire, ont des symptômes sévères. « Une partie non négligeable de la population pourrait ne pas être sensible au coronavirus, parce que des anticorps non-spécifiques de ce virus peuvent l’arrêter », expliquait suite à cette publication l’épidémiologiste Laurent Toubiana. « Cette étude est très intéressante, confirmait au Parisien le professeur Jean-Daniel Lelièvre. Elle montre que des protéines d’autres coronavirus sont reconnues par certains patients qui sont atteints par le SARS-CoV-2. Cela suscite de l’espoir. Mais il faudra la confirmer car elle n’a été menée que sur une vingtaine de personnes. » Reste aussi à savoir pourquoi certains semblent protégés et d’autres pas, alors que tout le monde a contracté des rhumes dans sa vie.

Oui mais voilà, il semble (finalement) que l’immunité soit une mauvaise piste ! Des chercheurs de l’Institut Pasteur, de l’Inserm, de l’AP-HP et d’Université de Paris ont montré dans une étude publiée le 30 juin que malgré la fréquente infection par les coronavirus saisonniers chez les enfants, celle-ci ne les protège ni de l’infection par le virus SARS-CoV-2, responsable de la Covid-19, ni des formes graves apparentées à la maladie de Kawasaki. Cette étude « PED-COVID » a été menée dans 7 hôpitaux parisiens et de la proche couronne, auprès de 775 enfants. Résultat : la présence et le taux d’anticorps contre les quatre coronavirus saisonniers étaient comparables entre les enfants séronégatifs et les enfants séropositifs pour le virus Covid-19, qu’il s’agisse d’enfants avec syndrome apparenté à la maladie de Kawasaki ou de ceux qui ont fait une forme pas (ou peu) symptomatique. En somme, l’infection par les coronavirus saisonniers (rhumes) n’offre pas une protection significative contre l’infection par le virus SARS-CoV-2.

Et ce n’est pas une bonne nouvelle pour l’immunité collective, comme le souligne Marc Eloit, co-auteur de cette étude : « Si le virus de la Covid19 se comporte comme les coronavirus saisonniers, cette observation interroge sur la capacité de la population à atteindre un niveau d’immunité suffisant pour empêcher la réapparition régulière de la maladie. »

Patient léger ou sévère, on développerait bien une immunité  

Autre nouvelle, rassurante : même légèrement malade, on développe une immunité, affirme l’Institut Pasteur, qui a mené une étude sur 160 personnels hospitaliers au CHU de Strasbourg et atteints de formes mineures de la maladie. « Chez 98 % d’entre eux, des anticorps neutralisants ont été détectés après 28 jours. Cela tend à prouver que même pour les formes mineures de la maladie, les personnes atteintes développent des anticorps qui pourraient leur conférer une immunité de plusieurs semaines à la suite de l’infection », souligne l’Institut Pasteur.

« On savait que les personnes atteintes de formes sévères de la maladie développaient des anticorps dans les 15 jours qui suivaient le début des signes. On sait maintenant que c’est également vrai pour ceux qui font des formes mineures, même si les taux d’anticorps sont vraisemblablement plus faibles » commente Arnaud Fontanet, auteur de cette étude.

Une immunité contre le Covid-19 estimée à moins de 5% en France 

Une équipe française d’épidémiologistes de l’Institut Pasteur a réactualisé ses modélisations de l’état de l’immunité contre le Covid en France. Les résultats sont consultables dans la revue Science du 13 mai. Que faut-il en retenir ? Seulement 2,8 millions de personnes en France, soit 4,4 % de la population, auraient été infectées au 11 mai. Cette estimation est encore plus basse que ce que ces mêmes chercheurs avaient indiqué en avril dernier. En effet, ils tablaient alors sur 5,7 %.

Et même dans les régions fortement touchées par le coronavirus, en Ile-de-France et dans la région Grand Est, moins de 10% de la population serait immunisée.

Ces estimations, qui se fondent sur des modélisations et des données d’hospitalisation et de santé, sont toutefois à prendre avec précaution car ce sont des projections.

L’immunité collective pourrait avoir été sur-estimée 

Ce niveau d’immunité semble donc être très inférieur au niveau nécessaire pour éviter une seconde vague. Rappelons que l’immunité collective nécessaire est estimée à 65%. En l’absence de vaccin, et alors ce que ce virus est très contagieux, les mesures barrière sont plus que jamais indispensables pour protéger les personnes les plus fragiles.

Mais certains chercheurs estiment que l’immunité collective nécessaire pour stopper l’épidémie se situerait plutôt entre 10 et 20%. « Dans l’urgence, on fait souvent au plus simple (…). Mais plus l’épidémie dure, plus on a le temps d’affiner nos calculs et d’incorporer les différentes sources d’hétérogénéité dans nos modèles », explique Gabriela Gomes, une mathématicienne de Liverpool (Royaume-Uni), à Mediapart. Elle arrive à la conclusion que l’immunité collective se situe entre 10 et 20% dans une publication du BMJ, qui doit être confirmée.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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