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Coronavirus : et les séquelles psychiatriques ?

15 Août. 2020

La situation est inédite mais les premières études menées en Chine sur l’impact de l’épidémie de coronavirus sur l’état psychologique font état d’un nombre important de troubles anxieux et dépressifs ainsi que de troubles du sommeil.

Une étude italienne publiée le 4 août et menée sur 400 patients infectés dans la région de Milan, montre une augmentation du stress post traumatique dans un premier temps, puis de la dépression. Selon cette étude coordonnée par le centre hospitalier italien San Raffaele et publiée dans la revue Brain, Behavior and Immunity, 55% des patients hospitalisés atteints par la Covid-19 développent un trouble psychiatrique un mois après leur sortie de l’hôpital. Dans le détail, 28% souffraient de stress post-traumatique, 31% de dépression, 42% d’anxiété, 40% d’insomnie et 20% des patients rapportaient des troubles obsessionnels-compulsifs (TOC).

Des séquelles psychiatriques

Les femmes, si elles sont globalement moins à risque décéder du coronavirus, semblent en revanche plus touchées par ces troubles psychiatriques. « Cela confirme ce que nous savions déjà, à savoir la plus grande prédisposition de la femme à pouvoir développer des troubles de la sphère anxieuse-dépressive, et nous conduit à émettre l’hypothèse que cette plus grande vulnérabilité peut aussi être due au fonctionnement différent du système immunitaire dans ses composantes innées et adaptatives », avance le psychiatre Francesco Benedetti, auteur principal de cette étude.

« Les conséquences du Covid-19 sont devant nous, pour des raisons sociales et psychologiques, pour plusieurs mois et plusieurs années. Cela concerne des personnes infectées et qui ont eu peur pour elles ou pour leurs proches, mais aussi les personnes non infectées, exposées au stress, à l’anxiété (…) Mais en plus des raisons sociales et psychologiques, on sait qu’il y a des raisons liées à la biologie de l’infection. Les conséquences inflammatoires de l’infection –la tempête cytokinique– laisse des séquelles qui augmentent le risque de pathologies psychiatriques », a commenté sur France Inter, ce 12 août, la psychiatre Marion Leboyer, directrice des départements universitaires de psychiatrie des hôpitaux Henri Mondor à Créteil (Val-de-Marne), directrice de la Fondation FondaMental.

Double peine

En somme, à ce contexte inédit mêlé d’inquiétude liée au virus, d’incertitude quant à l’avenir et aux difficultés économiques, qui joue bien évidemment sur l’état psychique, vient s’ajouter une composante biologique : l’inflammation causée par le virus impacte aussi le cerveau et pourrait donc laisser des séquelles psychiques. « Le prochain objectif est d’approfondir la recherche sur les biomarqueurs de l’inflammation pour diagnostiquer les conditions pathologiques émergentes et les surveiller au fil du temps », recommandes les auteurs de l’étude italienne.

Dépressions, anxiété… En France, c’est tabou

Mais encore faut-il diagnostiquer les troubles psychiques. En effet, certaines personnes, n’ayant jusqu’alors jamais été exposées, peuvent les minimiser. Le problème c’est que ces pathologies (dépression, anxiété) sont stigmatisées en France donc elles ne sont pas faciles à accepter par les patients, ni à diagnostiquer. « Pendant l’exposition aiguë, on a noté une augmentation d’épisodes délirants, chez des gens qui n’avaient jamais été malades auparavant. Puis dans les suites immédiates de l’infection, des troubles anxieux et du stress post-traumatique. Et ensuite des tableaux dépressifs », a détaillé Marion Leboyer. « Il faut expliquer que ces pathologies sont des maladies comme les autres qui se diagnostiquent, conséquences d’événements biologiques et psychologiques et qu’il faut les soigner parce qu’elles se soignent. Il faut accepter de se faire soigner », insiste-t-elle.

Plus d’infos :

Pour faciliter l’accès à ces professionnels en cas de besoin, un espace dédié à la santé mentale a été créé sur le site internet de Santé publique France permettant de recenser tous les dispositifs d’aide à distance, classés selon les thématiques (violence, deuil, détresse psychologique, addictions, parentalité…).

Le n° vert d’appel téléphonique 0 800 130 000 dédié au soutien psychologique mis en place par le gouvernement.

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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