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Charge mentale : comment s’en sortir ?

25 Jan. 2021

“La charge mentale est aujourd’hui présentée comme la conséquence du “toujours plus”, et ce tant sur le plan professionnel que personnel : surinformation, surproduction (de projets, d’activités), sur-sollicitation des individus amenés à penser à une multitude d’activités de toutes natures et à les gérer dans l’ instant”, explique comme entrée en matière Laurence Bourgeois, consultante experte de la charge mentale, auteure de S’organiser au travail et alléger sa charge mentale pour les nuls, (éd. First).

Et c’est loin d’être un phénomène isolé. Selon l’institut Ipsos, le phénomène toucherait aujourd’hui quasiment un Français sur cinq – et 80 % de femmes – et son ampleur pourrait toucher 67 % de la population masculine dans les prochaines années. D’autant que l’année 2020 a flouté les frontières : confinements, télétravail généralisé, école à la maison pour les plus petits, visio pour les plus grands… Selon une étude reprise dans “Le Monde” , 42 % des femmes devaient, pendant le premier confinement, télétravailler dans une pièce partagée, contre 26 % d’hommes.

Un effet décuplé par la crise sanitaire

“La crise sanitaire, poursuit Marie-Laure Monneret, coach spécialisée dans la reconversion professionnelle et l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle, a décuplé le nombre d’aspects à gérer, dans un contexte anxiogène. Il a fallu trouver une nouvelle organisation au quotidien. Notre besoin d ‘évacuer (sport, relations sociales, détente… ) afin de récupérer mentalement a été affecté par l’arrivée du Covid. Au stress de base s’ajoute ainsi un certain épuisement… qui met à mal notre capacité à absorber du stress supplémentaire.”

Outre le fait de devoir penser à tout, tout le temps, et pour tout le monde, sans jamais réussir à déconnecter vraiment, la charge mentale correspond à la coexistence de plusieurs univers empiétant les uns sur les autres : le mélange des contraintes professionnelles et personnelles, ou encore le fait de travailler sur un sujet tout en ayant autre chose en tête.

Le cercle vicieux de la charge mentale

Historiquement, la charge mentale a été associée à la deuxième vie des femmes (tâches domestiques, gestion du foyer), une fois de retour chez elles après leur journée de travail.

“Malgré l’implication réelle mais limitée des pères, les femmes continuent aujourd’hui d’assumer 60 % des tâches domestiques, selon une étude de l ‘Insee”, note Laurence Bourgeois. Et Marie-Laure Monneret de souligner : “Le cercle vicieux de la charge mentale : l’inégalité de la répartition des tâches au sein du foyer génère une inégalité professionnelle (la femme a moins de temps à consacrer à sa carrière que l’homme), donc des inégalités de revenus et ainsi, si le couple doit choisir qui sacrifier avec l’arrivée des enfants, c’est forcément plus “ intéressant” économiquement que la mère réduise son activité plutôt que le père.”

Certes l’arrivée d’un ou de plusieurs enfants chamboule le quotidien d’un couple, mais l’intensité des effets de la charge mentale est liée à des variables endogènes, propres à chaque personne : sa façon de s’organiser, de gérer les priorités, ses moments de détente, sa résistance au stress…

4 pistes pour alléger ses contraintes

  • S’offrir un temps d’arrêt pour faire le point, surtout si l’on se sent “submergée” par le nombre de tâches à accomplir. “S’arrêter permet de réfléchir à de nouvelles façons de s’organiser, de fonctionner, de faire des choix et de prioriser nos actions (trop souvent, nous avons du mal à dissocier l’important de l’accessoire, et l’urgent de l’important). “S’arrêter permet aussi de vérifier que nos pas nous mènent dans la bonne direction. Qu’est-ce qui est important pour moi ?”précise la coach Laurence Bourgeois.
  • Apprendre à déléguer (vraiment). Pour supprimer la charge mentale, il faut “évacuer” le dossier. Ne plus y penser du tout. Ainsi, prenons l’exemple de l’organisation des vacances scolaires, si d’un commun accord, c’est le papa qui les gère, il s’occupe de tout, sans intervention de la mère. De la prise des billets de train… au paquetage des bagages.
  • Demander de l’aide (avant de craquer). “Est-ce la culpabilité de ne pas réussir à tout gérer elles-mêmes, la crainte de perdre le contrôle ou bien la difficulté d’accepter l’imperfection ? Les personnes qui expriment une surcharge mentale ont du mal à solliciter du soutien”s’inquiète Laurence Bourgeois. Il s’agit de s’entraîner à bien demander. À son conjoint, à une amie, aux grands-parents, à un collègue… En exprimant clairement sa requête (date, heure, contexte), en expliquant à quel point c’est important pour vous, tout en soulignant que vous comprenez la position de l’autre…
  • Baisser son niveau d’exigence. La perfection n’existe pas… et vous ne pouvez pas tout mener de front. Faites moins, mais mieux. Ou autant mais moins bien… Ce n’est finalement pas si grave.

Nos expertes :

  • Laurence Bourgeois, conférencière, coach et consultante experte de la charge mentale, 
  • Marie-Laure Monneret, coach certifiée spécialisée dans la reconversion professionnelle et l’équilibre vie professionnelle/vie personnelle.
  • Aurélia Schneider, psychiatre spécialisée dans les thérapies comportementales et cognitives.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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