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Bigorexie : quand le sport se transforme en addiction

14 Avr. 2021

“La bigorexie est un terme qui désigne une pratique excessive du sport, avec des manifestations psychiques liées au manque lorsqu’il y a absence d’exercice physique”, introduit l’addictologue parisien Dan Velea. Il avertit en préambule que l’on ne parle pas de “maladie mentale”, mais de “trouble addictif. Comme le jeu pathologique ou l’addiction sexuelle, la bigorexie est classée dans les troubles du contrôle des impulsions.

De nombreuses causes à l’addiction au sport

La bigorexie peut se déclarer chez des sujets de tous âges et peut être liée à différentes causes. Comment s’explique-t-elle ? En premier élément de réponse, le docteur Velea explique : “Il peut y avoir un trouble de l’image du corps, de l’image de soi défaillante… c’est-à-dire que la bigorexie peut répondre à un trouble narcissique. Certaines personnes souffrent aussi de cette addiction, motivées par l’idée de modifier leur enveloppe corporelle.” Mais ce n’est pas tout.

Le spécialiste explique ainsi que, comme pour les troubles alimentaires, “la bigorexie est une façon de reprendre le contrôle sur le corps, sur sa santé.” De manière générale, les addictions “permettent de faire face à quelque chose” illustre-t-il. “C’est-à-dire qu’elles ont une dimensions adaptative, elles naissent pour faire face à un phénomène, comme du désamour, du rejet, d’un traumatisme, pour faire face à un complexe aussi. Ce n’est pas forcément ciblé.”

La bigorexie est donc multifactorielle, tout comme elle est “multirésultats” précise-t-il. “On voit son corps se transformer, on maîtrise son organisme, sa masse musculaire. On a aussi un grand plaisir de la pratique grâce à la sécrétion d’endorphines, une pêche d’enfer… L’addiction en général et particulièrement la bigorexie permet d’appartenir à un groupe : celui des sportifs de haut niveau.” Ce sont autant de conséquences qui entraînent et nourrissent l’addiction.

Quels risques, quelle prise en charge de la bigorexie ?

Du point de vue des risques, l’addictologue pointe la dépendance de l’organisme aux endorphines, mais aussi le risque de blessures, ou encore de l’apparition d’autres addictions qui découlent généralement de la bigorexie, à savoir la prise d’anti-inflammatoires ou d’antidouleurs pour permettre de continuer à pratiquer malgré une blessure. Ou enfin, la consommation de substance dopantes parfois associées à la bigorexie. Ces dernières présentent des risques au niveau cardiaque, digestif, rénal…

La prise en charge s’effectue comme pour toute addiction. “Il faut essayer de rationaliser la pratique du sport, sans forcément militer pour un sevrage drastique. On ne peut pas atteindre de stade de toxicomanie à ses propres endorphines, mais le phénomène de manque peut se faire ressentir avec des douleurs qui se déclarent, sans que cela ne soit trop difficile à gérer. On constate parfois des contextes dépressifs chez les personnes qui réduisent leurs pratiques sportives, il est également possible d’accompagner d’un point de vue médicamenteux à ce niveau-là”, termine-t-il.

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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