qop

Amal Tahir : “aucun humain ne doit vivre sans savoir ce qu’il a à l’intérieur de lui !” 

13 Mar. 2021

Elle a créé le compte Instagram @inside.women qui réunit plus de 70 000 abonné.e.s. L’étudiante sage-femme, aujourd’hui sexologue et self-love coach, y prodigue des conseils en matière de sexualité, y fournit des informations documentées. Mycoses, sécrétions vaginales, contraception, syndrome pré-menstruel, ici, rien est tabou, bien au contraire. Féministe 2.0, ambassadrice du body-positivisme, Amal Tahir informe avec des mots simples, sans chichi ni fioriture. Son credo ? On est bien dans sa tête, quand on est bien dans sa culotte. L’inverse fonctionne aussi : on est bien dans sa culotte quand on est bien dans sa tête. Apprendre à s’aimer passe par une sexualité épanouie, une complicité avec son corps et une acceptation de soi. Avec ses messages d’éducation sexuelle, Amal Tahir déconstruit la norme pour que chacun.e puisse reprendre le contrôle de son corps et de sa tête. Dans la continuité de cet engagement, elle a sorti un livre paru en septembre aux éditions Kiwi “Bien dans ma tête, bien dans ma culotte “.

Le livre “Bien dans ma tête, bien dans ma culotte”, est une continuité de votre compte Instagram. En 2020, il y a encore des lacunes en terme d’éducation sexuelle et des tabous autour de la sexualité ?

Lors de mes premiers stages d’étudiante sage-femme, j’ai ressenti qu’il y avait un tabou autour de l’éducation du corps, l’éducation sexuelle et gynécologique précisément. J’ai senti que les médecins avaient un pouvoir énorme sur le corps des femmes. Qu’elles viennent pour choisir leur contraception, ou pour parler de leur sexualité, il y avait un problème. Il m’est apparu que toutes ces femmes étaient trop dépendantes des connaissances du médecin. Elles se présentaient face à lui sans aucun bagage, c’est pour ça que j’ai ouvert le compte @inside.woman.

Schéma du clitoris, mycose, cystite, ovaires polykystiques… les informations que vous transmettez sont celles dont vous disposez en tant que sage-femme. Ce savoir devrait être à la disposition de tout le monde selon vous ?  

Les informations auxquelles j’ai accès en tant qu’étudiante dans le milieu médical ne sont destinées qu’aux personnes appartenant à ce même milieu. Je ne suis pas d’accord avec ça. Ces informations concernent tout le monde. Chacun doit y avoir accès.

L’objectif à termes serait d’avoir moins recours aux soignants ?

Pas du tout ! Il ne s’agit surtout pas de se passer des soignants. On a besoin des soignants, mais il est également primordial de comprendre soi-même comment son corps fonctionne. Les soignants ont leur place, le propriétaire du corps concerné a également la sienne. Cela lui donne des armes pour comprendre ce qui lui arrive et adapter sa réaction. Connaitre son corps, comprendre ce qui s’y passe, pourquoi cela s’y passe, ce sont de véritables outils d’empowerment (processus par lequel un individu gagne en autonomie pour agir, ndlr) . Aucun humain ne doit vivre sans savoir ce qu’il a à l’intérieur de lui.

Vous expliquez dans votre livre que l’on oublie que “l’endroit où nous sommes constamment est notre corps”. Concrètement, à quoi est-ce que cela sert de se connaître et de savoir comment le corps fonctionne ?

Savoir comment son corps fonctionne permet par exemple de ne pas subir ses règles, de comprendre son cycle menstruel et de savoir comment on peut l’utiliser. C’est important de savoir ce qu’est un syndrome prémenstruel et pourquoi on ne se sent pas forcément bien à ce moment-là. On peut comprendre plein de choses sur son comportement, ce qu’on ressent. C’est important de connaître aussi toutes les méthodes de contraception, de savoir que la pilule peut faire baisse la libido. Et j’en passe !

Et d’un point de vue strictement sexuel, pourquoi encouragez-vous vos lecteurs.rices à connaître si bien leur anatomie ?

Il est impossible d’avoir une sexualité épanouie, sans se connaître, sans connaître l’autre, sans se connaître sexuellement, mais aussi physiologiquement et anatomiquement. C’est utopique de s’embarquer dans une vie sexuelle en n’ayant aucune connaissance sexuelle.

Comment faut-il s’y prendre pour se connaître ?

C’est simple, il faut se regarder, prendre le temps d’observer sa vulve dans un miroir. La masturbation est également la clé. Concrètement, il faut se faire l’amour et s’explorer, ne pas hésiter à multiplier les expériences, à changer sa façon de faire, s’intéresser, se libérer, ne plus avoir peur de faire certaines choses qui semblent “honteuses”. Et il faut s’explorer mais aussi acquérir des connaissances théorique, sur le corps et la sexualité.

Vous nous donnez un exemple de ce qui pourrait anatomiquement empêcher le plaisir sexuel, si une femme n’est pas partie à la découverte de son sexe ?

Une femme qui n’a jamais fouillé dans son appareil génital ne saura pas, par exemple, qu’elle a un clitoris enfoui, un clitoris plus caché que ceux dont on voit le gland à l’extérieur. Elle ne saura pas qu’il faut le faire ressortir avant de le stimuler. Pourtant, si elle ne le fait pas, elle n’en tirera pas de plaisir puisque que son clitoris est caché. Et ce sera la même chose pour son.sa partenaire. Ces personnes doivent bien faire ressortir leur clitoris avant de le stimuler.

La première partie de votre livre est consacré aux liens souvent conflictuelles que notre tête entretient avec notre corps. Vous livrez des conseils, à partir de votre expérience personnelle, pour enfin réconcilier la tête et le corps.

C’est le self-love, l’amour de soi. Pour moi, l’un de va pas sans l’autre. On ne peut pas croire que le cerveau fait sa vie indépendamment du corps. Le cerveau est une machine puissante, tout comme la vulve, qui a besoin d’être chouchoutée. Il faut savoir se mettre sur le chemin de l’amour de soi pour aboutir à une sexualité épanouie. Eteindre la lumière, se cacher…  tous ces stratagèmes ne permettent pas de prendre pleinement du plaisir. Les gens qui ne s’aiment pas, ne seront pas épanouis sexuellement. Et pour être épanoui sexuellement, je le répète, il faut se connaître. C’est un cercle vertueux qui se met en place.

“Bien dans ma tête, bien dans ma culotte”, Amal Tahir, Kiwi Editions, septembre 2020.

Lire aussi :

  • Masha S’explique : “arrêtons de parler de sexualité conventionnelle” et explorons…
  • Comment parler de sexualité à ses enfants ?
  • Dalila Kerchouche : “Jouir rend puissante et complète”
  • Climax : une formation vidéo pour tout savoir de la masturbation féminine
  • Règles douloureuses, mycoses, cycles irréguliers… la gynécologie émotionnelle à la rescousse

Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

Share This
0
    0
    Mon panier
    Votre panier est videRetour à la boutique