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Allergie : les pollens de graminées arrivent

23 Avr. 2021

Les pollens de graminées viennent nous chatouiller le nez

Comme le souligne (non sans humour) le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) dans son bulletin du 23 avril : “les pollens de graminées n’ont pas attendu la levée des restrictions de circulation  pour circuler librement dans l’air et prennent petit à petit le relais des pollens de bouleau sur tout le territoire.Le risque d’allergie sera faible dans l’Est du pays mais moyen à localement élevé dans le Sud et l’Ouest du pays pour ces premiers pollens de graminées qui sont très allergisants.

  • Les pollens de bouleau sont en baisse sur toute la France (le risque d’allergie ne dépassera plus le niveau moyen) excepté en Ile de France où il pourra encore être élevé notamment  dans les départements de l’Essonne et des Hauts de Seine.
  • Les pollens de chêne continuent de s’envoler en grande quantité mais avec un risque d’allergie ne dépassant cependant pas le niveau moyen
  • Les pollens de platane sont en diminution sur toute la France. Un soulagement pour les allergiques car les micro-aiguilles contenues dans leurs bourres sont très irritantes et peuvent irriter la gorge et faire tousser.
  • Les pollens de frêne sont encore présents mais avec un risque allergique faible.
  • Les pollens de cyprès sont présents dans le Sud du pays avec un risque moyen d’allergie.

C’est quoi les pollens de graminées ?

Les graminées comprennent près de 10 000 espèces (notamment la phléole, le dactyle, la fétuque, l’ivraie, le pâturin, le vulpin, le chiendent, le seigle, le blé, le maïs, l’orge, l’avoine…) et sont les principaux facteurs déclenchants du rhumes des foins chez les personnes allergiques. On considère que 70 % des personnes allergiques aux pollens, sont sensibles aux pollens de graminées.

Les graminées sont pollinisées par le vent (ce que les scientifiques appellent la pollinisation anémophile). Comme cette pollinisation est beaucoup moins ciblée que lors de la pollinisation par un insecte, les plantes à pollinisation anémophile compensent ce manque en produisant de grandes quantités de pollens. Par exemple, une tige moyenne de seigle produit à peu près 7 millions de grains de pollen.

Or, il suffit de quelques grains de pollens de graminées dans l’air pour que les symptômes apparaissent chez les personnes allergiques. Celles-ci doivent donc anticiper leur allergie et bien commencer leur traitement dès maintenant .

A noter que lorsqu’on est allergique aux pollens de graminées, il y a des risques d’allergie croisée avec l’arachide, la farine de blé, le melon, les pommes-de-terre, les poivrons et la tomate.

Pollens : le calendrier

  • Avril/Mai : attention au platane et au cyprès (risque fort), ainsi qu’au bouleau, au saule, au hêtre et au charme (risques moyens)
  • Mai/Juin : attention à l’olivier (risque moyen)
  • Mai/Août : attention aux graminées (risque élevé à très élevé)
  • Août/Septembre : attention à l’ambroisie

Après la pause salutaire de l’hiver, la saison des pollens reprend en février/mars avec les pollens d’aulne, de bouleau, de frêne et de cyprès (risques forts) ainsi qu’au peuplier (risque moyen)

A noter : Le Réseau national de surveillance aérobiologique met à disposition sur son site un guide d’information sur les principaux pollens allergisants du printemps, en ville et à la campagne.

Des pollens plus agressifs à cause de la pollution 

Il y a une synergie entre l’augmentation des particules diesel et l’augmentation des anticorps de l’allergie IgE vis-à-vis des pollens”, explique à Top Santé (avril 2020), le Pr Frédéric de Blay, pneumologue. L’augmentation du CO2 dans l’atmosphère stimule la production de pollen par les plantes, aggravant les symptômes des personnes souffrant de rhinite ou d’asthme allergiques. “Avec la pollution (oxyde d’azote, ozone, particules…), la plante produit plus de pollens, nous précise par ailleurs Nicolas Viovy, chercheur au Laboratoire Sciences du climat et de l’ environnement. La pollution endommage l’enveloppe des pollens, qui laissent alors échapper leurs protéines allergisantes dans l’air.”

De plus, la pollution irrite les muqueuses qui normalement filtrent les allergènes et toutes les substances inhalées, elle fragilise les barrières épithéliales (muqueuses du nez, des yeux, peau…), ce qui permet aux allergènes, produits chimiques, moisissures, de pénétrer plus facilement jusqu’aux bronches. Du coup, les gens sont plus sensibles avec de moindres quantités de pollens.

Principales responsables : les particules fines émises par la combustion des appareils de chauffage, le transport routier (diesel et essence). Jusqu’à 800 fois plus petites qu’un cheveu, ces particules favoriseraient les allergies aux pollens “en abaissant le seuil de réactivité bronchique et/ou en accentuant l’irritation des muqueuses nasales ou oculaires chez les sujets sensibilisés”, indique l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Une étude réalisée dans la capitale a d’ailleurs démontré que chaque épisode de pollution aux particules fines entraîne une augmentation significative des consultations aux urgences pour exacerbation d’asthme.

Pourquoi l’année 2020 a été particulièrement difficile pour les allergiques ?

Les allergiques ont pu le constater :l’an dernier, les symptômes allergiques (nez qui coule, yeux qui grattent, éternuements…) ont été particulièrement intenses. Première raison, les conditions météorologiques. “On a eu un hiver qui a été très doux, il n’a quasiment pas gelé. Le printemps a été également doux, un peu pluvieux, et là il fait chaud et beau avec un beau temps. Donc il y a eu toutes les conditions pour que les plantes libèrent beaucoup de pollen et que les gens souffrent plus que d’habitude”, explique le Dr Edouard Sève, médecin allergologue et vice-président du Syndicat des allergologues.

Autre facteur : le stress, qui a tendance “à dérégler notre système immunitaire et, du coup, les symptômes ont tendance eux aussi à augmenter”, souligne Docteur Chantal Dupic, médecin allergologue et pneumologue à La Rochelle. Enfin, la fermeture des espaces verts pendant les différentes périodes de confinement les a laissés sans entretien. Résultat, les plantes ont poussé,  et la quantité de pollens dans l’atmosphère est devenue plus importante qu’en temps normal.

Conseils pratiques pour les allergiques

Il est grand temps de prendre quelques précautions si vous êtes allergique aux pollens de graminées et d’anticiper la prise des traitements. Outre la prise de votre traitement antihistaminique, consultez un médecin ou un allergologue en cas de symptômes, consultez régulièrement les risques d’allergie sur notre site internet pour adapter votre traitement.

  • En préparant vos repas, pensez aux aliments qui ont un effet anti-histaminique naturel
  • Rincez vos cheveux le soir en rentrant chez vous.
  • Aérez au moins 10 min par jour avant le lever et après le coucher du soleil.
  • Ne faites pas sécher votre linge à l’extérieur.
  • Ne circulez pas en voiture la fenêtre ouverte.
  • Evitez les activités sportives à l’extérieur même si avec le déconfinement l’envie d’évasion est grande ! 
  • Portez un masque avec des lunettes de soleil et un chapeau.
  • Suivrez votre traitement et n’hésitez pas à consulter un médecin ou un allergologue en cas de symptômes.

Source : Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A.)

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Source: https://www.topsante.com/feed/list/rss/(limit)/30 – Topsante.com

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